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Québec solidaire se réinstalle dans Bourassa-Sauvé

Publié le 27 mars 2013 sous Archives du Presse-Gertrude, Montréal-Nord
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Après deux années d'absence, le parti de gauche Québec solidaire est de retour dans Bourassa-Sauvé. En effet, c'est autour de la table du centre communautaire Bridges qu'un peu plus d'une quinzaine de membres du parti ont recréé l'association de circonscription du parti le 16 mars dernier en après-midi.
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Décrochage et exclusion des jeunes: les cibles d’un solidaireEntrevue avec Will Prosper, candidat de Québec solidaire dans Bourassa-Sauvé

Publié le 3 septembre 2012 sous Archives du Presse-Gertrude, Entrevues, Montréal-Nord
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Alors que les candidatures vedettes sont généralement l'habitude des gros partis, c'est Québec solidaire qui aura recruté une grosse pointure dans Bourassa-Sauvé, l'ancien fief de Line Beauchamp. Will Prosper, ancien policier de la GRC devenu documentariste, fut dévoilé aux médias par Amir Khadir sur la rue Pelletier, devant le domicile où il a grandi.

Photo: Pierre-Luc Daoust

Will Prosper, candidat de Québec solidaire dans Bourassa-Sauvé

Will Prosper est porte-parole de Montréal-Nord Republik, un collectif qui s'est formé suite au décès du jeune Fredy Villanueva. Collectif centré sur Montréal-Nord, pas de ligne de parti, pas de risque de mettre une organisation dans l'embarras avec un faux pas dans ce monde de la politique de l'image. Pourquoi avoir faut le saut en politique partisane, alors? "Je ne sens pas que j'aie des restrictions, honnêtement. Ce que je faisais avec Montréal-Nord Republik, je peux le faire presque exactement avec Québec solidaire. Les valeurs du parti et du collectif sont relativement similaires. Pas exactement pareilles, mais tellement proches que je n'ai pas besoin de m'empêcher de dire quoi que ce soit."

C'est cette proximité qui a amené M. Prosper à joindre le parti de gauche. "Québec solidaire montre non seulement une ouverture pour traiter des différentes discriminations que certaines personnes vivent ici dans le quartier, mais aussi une compréhension des enjeux sociaux du secteur, deux points que je ne vois pas dans les autres partis. Depuis longtemps, j'ai des affinités avec Québec solidaire. Lors de la première entrevue qui fut offerte à Montréal-Nord Republik, Amir Khadir est venu. Déjà, à ce moment-là, il se reconnaissait dans notre mouvement et sa présence voulait dire beaucoup pour moi. D'ailleurs, même Line Beauchamp ne s'est jamais avancée sur le sujet. Alors cette candidature m'est apparue comme la suite logique de mon implication."

La place de Montréal-Nord dans la lutte étudiante

Bien que les enjeux de la grève étudiante de ce printemps touchent de près les familles et les jeunes de Montréal-Nord, il subsiste une certaine distance entre cette communauté et le mouvement étudiant organisé, explique M. Prosper. "Les différents groupes étudiants qui revendiquent entre autres pour les quartiers défavorisés, on ne les voit jamais dans ces quartiers-là. Je me suis questionné par rapport à ça." C'est cette réflexion qui l'a amené, avec le collectif politique, à embarquer Montréal-Nord dans le mouvement des casseroles. "On l'a fait avec un certain succès, je pourrais dire. Je trouvais cette initiative très importante pour sensibiliser la population car l'éducation est un enjeu qui nous touche particulièrement. Le fait qu'il y ait seulement une personne d'ici sur dix qui va à l'université, c'est un problème et ça restreint les opportunités d'avenir de nos jeunes. Alors je trouvais dommage de ne pas voir le mouvement de ce printemps venir chercher les populations en périphérie de Montréal. Pourtant, elles ont besoin de la gratuité scolaire!"

Photo: Pierre-Luc Daoust

Le mouvement des casseroles s'est emparé de Montréal-Nord en mai dernier, à l'initiative de Montréal-Nord Republik.

Le déclenchement de la campagne électorale sur la base de la grève étudiante a amené une grosse ironie, soit l'absence de l'éducation dans les enjeux électoraux. Une situation que déplore le candidat solidaire. "Alors qu'il y a eu des mois et des mois de manifestations, alors que des centaines de milliers de personnes ont pris les rues, on n'a même pas cru nécessaire d'en parler durant les débats télévisés! Je trouve ça complètement anormal. On a longtemps mentionné que les jeunes sont désintéressés par la politique et les enjeux sociaux, puis la grève nous a démontré tout à fait le contraire! La raison pourquoi on les croit désintéressés, c'est parce qu'on ne vient pas leur parler! Quel parti politique, parmi les trois partis principaux, parle des étudiant, sinon pour parler de coupures budgétaires? À mes yeux, la valeur de l'éducation n'a pas de prix. Je ne veux pas qu'un jeune, ici à Montréal-Nord, dise qu'il n'ira pas à l'école parce que ça coûte trop cher. Aussi, regardez tous les efforts qui sont mis pour avoir des bureaux de votes dans les résidences de personnes âgées alors qu'on ne permet pas le vote dans les cégeps et les universités! Toutes ces mesures envoient comme message qu'on ne veut pas que les jeunes participent à la démocratie, qu'on essaie de placer la population étudiante sur le côté, alors que c'est notre moteur et notre avenir." D'ailleurs, suite à cette démonstration de force que fut la grève, croit-il que les autres partis ont peur de la participation des jeunes? "On a vu que les jeunes veulent vraiment un changement. Ils veulent la fin du néolibéralisme. Ça peut apparaitre comme un changement radical, mais ce qui l'est vraiment, ce sont les actions qu'on nous impose via les politiques du néolibéralisme."

Montréal-Nord: deux portraits, deux réalités sociales

M. Prosper est conscient du fossé social qui existe à Montréal-Nord entre le secteur plus banlieusard et le secteur urbain très dense. Il souhaite s'y attaquer en prenant de front plusieurs problèmes existants. "Tout d'abord, le taux de décrochage. Déjà c'est difficile d'être à Montréal-Nord. L'endroit a une étiquette qui est négative et qui peut ternir un curriculum vitae. Et ça, c'est en plus de l'impact d'un nom d'origine immigrante sur les chances d'embauche. Donc il faut travailler avec les jeunes générations afin qu'elles poursuivent leurs études pour pallier à ce problème. C'est assez ironique, d'ailleurs, de voir le taux de décrochage actuel alors que la dernière députée était la ministre de l'éducation! Ensuite, pour tous les projets réalisés à Montréal-Nord, il devrait y avoir un plancher qui force a y intégrer des gens qui y vivent, que ce soit pour les projets publics ou privés. Un plancher d'embauche locale devrait aussi s'appliquer dans la fonction publique nord-montréalaise. Ainsi on réserverait pour la population locale des emplois stables et non-précaires, ce qui lui manque énormément." Il ajoute vouloir mettre beaucoup d'efforts à la création de places en garderie subventionnée, ce qui ferait d'une pierre trois coups, selon lui. "Le coût moindre de ces places, comparativement aux places privées, aiderait fortement les familles à boucler leur budget. Ensuite, elles représenteront des emplois locaux et permettront aux parents monoparentaux de se trouver de l'emploi plus facilement."

Le Plan vert de Québec solidaire fait aussi partie des propositions que le candidat met de l'avant pour améliorer la qualité de vie de ses concitoyens et concitoyennes. "À l'échelle nationale, ce plan représente 166 000 emplois, mais à notre échelle, il rapprocherait le transport en commun. Présentement, plusieurs personnes mettent plus d'une heure trente pour se rendre au travail, parfois même deux heures. C'est inacceptable. Il faut les aider à se déplacer pour qu'ils et elles aient ensuite le temps pour leurs occupations familiales." M. Prosper cite notamment les projets du métro et du train de banlieue et insiste sur le fait que le réseau de transport doit être électrifié. "Il est primordial qu'on passe à une énergie propre, et non pas qu'on reste dépendant à une énergie sale et non-renouvelable."

9 août 2008, décès de Fredy Villanueva. Le lendemain, l'émeute. Dès lors, le Québec est déchiré et oublie la présomption d'innocence, d'un côté comme de l'autre. Sur le web et sur les lignes ouvertes, ça se déchaine sans nuances. Will Prosper prendra part à la mobilisation suivant la tragédie avec Montréal-Nord Republik. Sa formation et sa pratique dans un corps policier l'amènent à étudier la suite des choses différemment. "Au-delà de l'aspect socio-politique, je tenais à comprendre le type d'intervention choisie par le policier et les erreurs qu'il a commises. Durant l'enquête du coroner, j'accordais beaucoup d'attention aux discussions techniques." Il déplore d'ailleurs que le rapport ne soit toujours pas publié, alors que la Ville tente d'en faire censurer la partie sur la sécurité de l'étui de l'arme. "Ce que je trouve vraiment dommage à travers tout ça, c'est qu'on a un rapport du coroner qui est supposé émettre des recommandations sur les changements à apporter dans les méthodes d'intervention des policiers afin qu'un tel incident ne se répète pas. C'est à ça que sert une telle enquête. Car, peu importe le point de vue sur la réaction du policier, tous s'entendent pour dire qu'un jeune n'aurait pas dû mourir. Avec Montréal-Nord Republik, on a travaillé très fort pour avoir cette enquête, alors que ce rapport soit mis en attente à cause d'une tentative de censure de la sorte, je trouve ça tout à fait ridicule, d'autant plus que le mécanisme de sécurité est expliqué sur Internet! Si la tragédie doit se répéter à cause de ça, la Ville aura du sang sur les mains."

Le Montréal-Nord des médias et celui de ses citoyens

En attendant que ce dossier se règle, il s'ajoute à cette longue liste d'éléments qui alimentent les préjugés et ternissent l'image de Montréal-Nord. Un dilemme auquel Will Prosper s'attaque déjà et souhaite continuer à s'attaquer. "C'est au travers des différentes interventions en public qu'on y travaille. Chacune de ces prises de parole est une occasion d'essayer de renverser l'image ternie par les médias. Je parle souvent des tournois de basket-ball qui ont lieu ici, de l'Urbanifest, du Rockfest, de d'autres événements organisés par le milieu communautaire mais auxquels les médias n'assistent jamais et n'accordent pas de couverture. D'ailleurs, à titre de documentariste, j'ai filmé le tournoi de basket-ball de rue pour montrer ses bienfaits auprès de la communauté." M. Prosper travaille l'image du quartier même lorsqu'il traite de faits qu'il ne conteste pas, comme la criminalité chez les jeunes. Il en parle avec une perspective différente de celle des médias. "Ceux-ci parlent des jeunes de gangs de rue, moi je préfère parler de délinquance juvénile. Après tout, c'est comme ça qu'on en parlerait si ces jeunes commettaient les mêmes crimes à Rouyn-Noranda. D'ailleurs, les statistiques de 2008 montrent que le taux de délinquance juvénile était plus bas à Montréal-Nord que dans l'ensemble de l'ile! Montréal-Nord est aimée de sa population, les gens y sont confortable, on ne sent vraiment pas dans la rue qu'on fait face à un danger imminent."

Il se rappelle d'ailleurs une anecdote vécue dans les rues le soir de l'émeute qui reflète bien cette dualité entre Montréal-Nord et les médias. "J'étais descendu dans la rue avec un ami qui est travailleur de rue dans le but de nous assurer qu'aucun autre jeune ne se fasse blesser. Je me rappelle qu'alors qu'il y avait des feux un peu partout, la population marchait allègrement dans la rue et les journalistes, eux, étaient terrés contre les murs. Ils ne comprenaient pas ce qu'il se passait, ils étaient vraiment apeurés. La population, elle, n'avait pas peur et envoyait même un certain élan de solidarité malgré la violence car elle savait ce que ces jeunes vivent au quotidien."

Le paysage politique local a changé un peu depuis ces événements. Marcel Parent, maire de Montréal-Nord jusqu'en 2009, n'a pas sollicité un autre mandat et fut remplacé par Gilles Deguire, ancien attaché politique de l'ex-députée Line Beauchamp. Au lendemain de l'émeute, M. Parent avait suscité la colère de sa population en déclarant qu'il n'avait rien vu venir et qu'il ne savait pas qu'il y avait ce genre de problème. "À mes yeux, le maire Parent en était un complètement absent et complètement déconnecté", observe M. Prosper. "Il était à l'image de cette élite politique qu'on a chez nous. De tels propos en étaient d'ailleurs un bon aveu et ils m'avaient beaucoup frustré." La situation s'est-elle améliorée avec M. Deguire? "On le voit, il est présents à certains événements. Il mène certaines actions, mais il y a encore beaucoup à faire. Par exemple, des terrains de soccer ont été créés, ce qui est formidable, mais leur accessibilité est un sérieux problème pour les jeunes. Aussi, souvent, lorsque des jeunes présentent des projets, que ce soit auprès de la mairie ou de groupes communautaires, ces instances prennent les projets et s'en vont les faire! Alors qu'il faudrait plutôt accompagner les jeunes pour qu'ils mènent à bien eux-mêmes ces projets. Ainsi on formera des leaders dans la communauté qui pourront embarquer le reste de la population dans les projets. Du reste, sur les vrais enjeux qui ternissent l'image de Montréal-Nord, on sent que le maire met du maquillage sur les blessures plutôt que de vraiment chercher à les soigner."

Photo: Pierre-Luc Daoust

Les drapeaux haïtien et québécois réunis sur un mur du local électoral de Will Prosper.

Montréal-Nord est un rassemblement de beaucoup de communautés culturelles. Les Haïtiens et Haïtiennes y sont en grand nombre mais sont loin d'être seuls. Malgré cette multitude d'origines, le français y est bien implanté comme langue commune. "Montréal-Nord est en fait l'arrondissement de Montréal où il se parle le plus le français", de préciser M. Prosper. Alors comment rapprocher les groupes et partis qui militent pour étendre cette harmonie linguistique à l'échelle de Montréal, notamment via la Loi 101, et certains tenants du multiculturalisme qui taxent toute imposition du français comme étant du racisme? Où est l'équilibre? "Je crois que Québec solidaire a trouvé cet équilibre. Du côté du Parti Québécois, on parle d'exiger une bonne maîtrise du français pour avoir le droit d'être élu. Si on veut aller au Parlement de Québec, il est tout à fait normal d'y parler français, cela va de soi." Mais M. Prosper nuance rapidement, mettant de l'avant une réalité selon lui masquée par cette évidence. "Dans le projet du PQ, on parle d'élus en général, donc à tous les niveaux, y compris les commissions scolaires, y compris les conseils de bande. On ne va quand même pas empêcher un unilingue autochtone d'être élu dans sa localité! Il faut protéger le français mais jamais au détriment d'autres communautés", soutient-il avec conviction. La solution, selon lui, réside une fois de plus dans l'éducation. Il défend qu'un français mieux enseigné à l'école, d'où les jeunes sortiraient avec un excellent français oral et écrit, n'aurait pas besoin de lois qui empêchent l'accès à une autre langue. "Je suis allé dans un cégep anglophone et pourtant je suis présentement en train de défendre la langue française! Pouvoir bien parler anglais, ça nous ouvre des portes. Alors cette langue seconde devrait aussi voir son enseignement rehaussé. Quant aux premières nations, c'est nous qui devrions apprendre leurs langues, elles étaient là bien avant nous!"

Débat électoral à l’école Henri-Bourassa5 des 6 candidat(e)s croisent le fer

Publié le 30 août 2012 sous Archives du Presse-Gertrude, Montréal-Nord
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À l'instar de plusieurs autres circonscriptions, Bourassa-Sauvé a eu droit hier soir à son débat local. C'est dans l'auditorium de l'école secondaire Henri-Bourassa, dans l'est de Montréal-Nord, que les cinq partis invités ont vu leur porte-drapeau respectif échanger leurs idées, à l'invitation de la Chambre de commerce et d'industrie de Montréal-Nord et du journal Le Guide.

À la table se trouvait donc Rita de Santis pour le Parti Libéral du Québec, Marianne Dessureault pour le Parti Québécois, Nancy Lavallée pour Option Nationale, Louis Pelletier pour la Coalition Avenir Québec et Will Prosper pour Québec solidaire. Seul Éric Guerra-Grenier, du Parti Vert du Québec, n'était pas invité, et ce n'est qu'à la dernière minute que Nancy Lavallée le fut, le débat devant initialement ne confronter que quatre individus.

Le débat fut séparé en deux parties: une première de trois questions où chaque candidat ou candidate y répondait sans qu'il n'y ait de débat, une seconde de quatre questions où le débat s'enclenchait dès la question posée.

Climat social tendu: mythe ou réalité?

La soirée s'ouvrit sur le thème du climat social. L'animatrice demanda si le constat d'un climat tendu était exagéré ou reflétait la réalité, et s'il avait changé dans les dernières années. Rita de Santis débuta en disant que la situation s'était améliorée mais qu'il y avait encore du travail à faire, constat partagé par plusieurs de ses voisins et voisines de table. Elle cita quelques initiatives déjà prises par le municipal et la la police via ses interventions communautaires. Elle insista sur le fait que Montréal-Nord n'était pas monolythique, qu'il y avait plusieurs poches de pauvreté mais que ce n'était pas généralisé.

Marianne Dessureault pointa de son côté la densité démographique de certains secteurs et mis l'emphase sur l'importance du travail de terrain des organismes communautaires. Elle enchaîna en mentionnant la plateforme péquiste en matière d'éducation et de logement social, notamment.

Nancy Lavallée condamna l'image faite de Montréal-Nord, indiquant que l'arrondissement n'était pas seulement caractérisé par la pauvreté et la criminalité. Elle mentionna les tensions qui, selon elle, sont encore bien présentes, tout comme le profilage. Elle pointa du doigt le financement mal attribué entre les différents organismes communautaires, relevant la nécessité d'une parfaite indépendance des gens qui attribuent les subventions et choisissent les projets.

Louis Pelletier s'attarda beaucoup sur le côté policier du travail à effectuer. Il distingua le profilage racial, qu'il condamna, et le profilage criminel, selon lui essentiel, tout en ajoutant que la ligne entre les deux est malheureusement très mince. Il croit qu'il faut recruter beaucoup plus de policiers et policières provenant des communautés culturelles. Il s'exprima ensuite sur le besoin de rapprocher les ainé(e)s et les jeunes, les premiers craignants les seconds, selon lui.

Enfin, Will Prosper se dit particulièrement touché par le sujet, lui qui était là le soir de l'émeute de 2008 et qui fut invité à parler du sujet un peu partout au Québec. Il parla de son expérience au sein des organismes communautaires et mentionna le problème des gens de l'extérieur qui tentent de gérer le problème avec leurs statistiques sans jamais n'avoir vécu à Montréal-Nord. Il ajouta que Québec solidaire veut supporter les projets locaux en incluant les jeunes du quartier et non pas en les leur arrachant pour les confier à d'autres équipes.

Transport et dépassements de coûts

S'en suivit le thème des projets de transport en commun et des inquiétudes souvent entendues concernant les dépassements de coût et de délais. La question d'un prolongement du métro jusqu'à Montréal-Nord fut beaucoup discutée. Nancy Lavallée et Will Prosper le désignèrent comme une priorité tandis que Louis Pelletier et Rita de Santis le rejetèrent pour des raisons financières. M. Pelletier indiqua d'ailleurs préférer, tout comme son parti, le train de banlieue, qu'il juge plus efficace à mettre en place.

Marianne Dessureault endossa les priorités décidées localement, ajoutant que le Bixi devrait être étendu jusqu'ici. Mme Lavallée indiqua qu'implanter le Bixi ne pourrait se faire si on ne créait pas d'abord une place dans les rues pour le vélo, place présentement presque toute attribuée à la voiture. Elle pointa aussi du doigt les tarifs toujours en hausse de la Société de transport de Montréal. Enfin, elle affirma ne pas comprendre les coûts et délais des travaux de contruction n'étaient pas fixés dans les contrats, comme lorsqu'on fait rénover une maison, ce qui forcerait les contracteurs à soumissionner des prix réels et à s'arranger pour les respecter. De son côté, M. Pelletier insista sur la lutte à la corruption et à la collusion pour contrôler les coûts.

Will Prosper jugea inacceptable que ça prenne encore plus d'une heure et demi pour se rendre au centre-ville depuis certains secteurs de l'arrondissement. Il affirma que le transport en commun y était négligé car les votes de la population nord-montréalaise seraient pris pour acquis par ses représentants et représentantes à tous les niveaux. Il cita enfin certains éléments du Plan vert de son parti.

Enfin, Mme de Santis compléta le tour de table en vantant la progression du train de l'est et en affirmant vouloir pousser pour que les deux gares planifiées dans l'arrondissement voient leur construction bien se dérouler et pointa la nécessité de coordonner les différents travaux entourant l'intersection Pie-IX / Henri-Bourassa (pont, viaduc et service rapide par bus), sans expliquer pourquoi ça ne se faisait pas déjà.

Cinq visions de l'économie locale

Quelle est la vision de chacun des candidats et chacune des candidates sur la modernisation et la revitalisation de l'économie de Montréal-Nord? La place de la petite et moyenne entreprise (PME) à Montréal-Nord a fait l'unanimité. Nancy Lavallée débuta en affirmant vouloir consulter et surtout écouter les entreprises locales et la population sur leurs besoins. Louis Pelletier continua en présentant la nécessité de remettre en valeur le secteur industriel, tout en remboursant durant cinq ans la hausse de taxes foncières que cette revitalisation entrainera.

Will Prosper se fit plutôt défenseur d'une économie alternative. Il croit que la revitalisation doit se faire au profit du lancement de coopératives et d'entreprises d'économie sociale, meilleure façon selon lui pour que les investissements en la matière profitent vraiment à l'ensemble de la population. Il ajouta d'ailleurs qu'il fallait aussi penser à revitaliser la population en lui offrant la formation nécessaire dans une économie du savoir. Il conclua en affirmant que cette revitalisation pourrait faire de Montréal-Nord un chef de file en matière d'économie coopérative.

Rita de Santis croit qu'il faut chercher à attirer des entreprises existantes à venir s'installer à Montréal-Nord, en leur offrant de l'aide pour décontaminer leur terrain au besoin. Elle voit la voie ferrée et le pont de l'autoroute 25 comme de bons leviers et souhaite pousser entrepreneuriat chez les jeunes, clâmant qu'à ses yeux, l'époque où on pouvait être embauché par une entreprise et y travailler toute sa vie active est désormais révolue. Enfin, Marianne Dessureault endossa les propositions de la stratégie de développement économique de l’Est de Montréal 2011-2017 et affirma qu'il fallait pousser pour le développement des secteurs manufacturier et d'économie sociale.

Sur la situation des organismes communautaires

L'animatrice introduisit la seconde partie de la soirée, celle qui fut réellement un débat, en invitant les candidats et candidates à se prononcer sur la situation des organismes communautaires, leur demandant s'il fallait en faire plus. Elle leur demanda aussi de se prononcer sur une demande de l'arrondissement, soit celle de financer la construction d'un centre communautaire et sportif près de la future intersection Pie-IX et Henri-Bourassa. Notons que cette dernière question fut posée alors que Gilles Deguire était présent dans le public.

Sans surprise, tout le monde s'y est montré ouvert. Seules Rita de Santis et Marianne Dessureault ne se sont pas carrément engagées envers sa construction: la première se contentant de dire qu'elle ferait de son mieux pour obtenir le plus possible pour combler les besoins visés, la seconde jugeant irresponsable de s'engager sur un montant à ce stade-ci du projet. Louis Pelletier et Nancy Lavallée insistèrent sur le fait que ce centre devra s'adresser à tous et toutes, l'un parlant de toutes les classes de la population, l'autre parlant de l'accès par les individus et non pas seulement par les groupes organisés.

Sur les organismes communautaires, M. Pelletier voit leurs besoins comme n'étant pas uniquement en financement mais aussi en temps et en compétences. Rita de Santis insista sur le besoin d'un guichet unique afin de rendre la recherche de financement des organismes moins complexe, pointant du doigt le dédoublement des services administratifs mis à leur disposition. Mme Lavallée répliqua que le temps immense investi par les organismes sur le financement était dû au manque de financement public, les obligeant à cogner à beaucoup de portes au sein du secteur privé.

Mme Dessureault cita la volonté du PQ d'instaurer un crédit d'impôt sur les activités sportives et culturelles. De son côté, Will Prosper souligna l'aménagement de nouveaux terrains de soccer, mais réclama que ceux-ci deviennent plus accessibles. Il cita aussi le problème de l'accès à des locaux pour tenir des activités alors que des organismes doivent souvent débourser des milliers de dollars pour en utiliser.

Sur le logement social

Will Prosper débuta ce débat en liant le fait de bien se loger et le fait d'être en santé. Soulignant que Montréal-Nord est populé aux trois quarts de locataires, il rappela que le logement, tant social que dans son ensemble, figure dans les cinq grandes priorités de son parti. Rita de Santis endossa à son tour le besoin en logement sociaux, mais insista sur le fait qu'il ne fallait pas créer de ghettos, ce à quoi M. Prosper réagissa, se disant outré du choix du mot « ghetto ». Mme de Santis se reprit, réclamant que les nouveaux logements sociaux soient bien répartis au sein de l'arrondissement. Marianne Dessureault parla du taux d'inoccupation préoccupant et attaqua Louis Pelletier en notant l'absence du logement social dans la plate-forme caquiste. Elle ajouta que les logements abordables privés devaient aussi faire partie de la solution. Nancy Lavallée s'exprima à contre-courant en refusant l'idée d'investir massivement dans la construction de logements sociaux, préférant s'attaquer à la pauvreté pour éliminer le besoin de ces logements. M. Prosper s'empressa de lui répliquer qu'on n'occupe pas un logement social toute sa vie et que ces logements sont justement un tremplin pour sortir de la pauvreté.

Sur le décrochage et la scolarité de Montréal-Nord

Alors que l'animatrice orienta le débat vers le problème du décrochage scolaire, Rita de Santis s'élança sans hésiter dans une défense de la hausse des droits de scolarité, se comparant aux endroits où ça coûte plus cher. Elle se pointa en exemple, parlant de sa démarche universitaire alors que ses parents sont arrivés au Canada peu scolarisés à une époque où les droits de scolarité représentaient un fardeau beaucoup plus élevés, pour tenter de démontrer qu'ils ne sont pas un frein à l'accessibilité. Will Prosper dût lui rappeler que si elle, individuellement, avait réussi, la tendance socio-économique de l'ensemble de la population démontre qu'elle est un exemple isolé.

Mme de Santis affirma vouloir mettre l'emphase sur l'aide aux devoirs. Marianne Dessureault parla du manque d'intervenants spécialisés dans les écoles, ce qui lui valût de se faire rappeler par Mme de Santis que c'est Pauline Marois qui les a retiré. La candidate libérale se retrouva sur la défensive lorsque Will Prosper rappela qu'elle était membre du conseil d'administration de l'université Concordia lorsque celle-ci se prit une amende de deux millions de dollars pour avoir donné des primes de départ trop généreuses à ses dirigeants, ce à quoi Mme de Santis ne répliqua pas. Enfin, Nancy Lavallée se démarqua en parlant du besoin en écoles alternatives pour aider les jeunes qui ne réussissent pas dans le modèle scolaire traditionnel.

L'éternelle confrontation entre l'économie et l'environnement

Quelle est la vision de chaque parti sur l'exploitation gazière et pétrolière, le développement minier du nord et le déchirement emploi/environnement qui se rattache à ce débat, demanda l'animatrice. Marianne Dessureault mentionna le besoin d'un nouveau régime de redevances, ce à quoi Nancy Lavallée lui opposa la nationalisation complète des ressources naturelles. Louis Pelletier réclama l'intervention de la Caisse de dépôt et placement du Québec dans ce secteur économique afin de nous en rendre actionnaire collectivement. Rita de Santis rejeta cette idée, plaidant pour une indépendance totale de la Caisse du gouvernement. Will Prosper lui répliqua que ce sont les Libéraux qui ont modifié le mandat de la Caisse pour que celle-ci vise le rendement par tous les moyens, avec les conséquences que cette vision a entrainé dans l'histoire des papiers commerciaux.

Au tour du public de parler

La soirée s'est conclue sur une période de questions parfois douteuses, avant laquelle Louis Pelletier a déploré l'absence des ainé(e)s parmi les sujets du débat. Le public a questionné les candidats et candidates notamment sur l'idée d'une plage, sur la cruauté envers les animaux et sur le partage de la richesse.

Cette dernière question a soulevé davantage de réponses. Rita de Santis a plaidé pour que les plus démuni(e)s doivent tout de même participer un peu à leurs besoins et a demandé pourquoi il fallait toujours qu'on parle de puiser chez les plus riches pour aider les plus pauvres. Will Prosper lui dit remarquer que sa vision venait d'Outremont alors qu'elle se présente à Montréal-Nord, visiblement satisfait de voir la candidate libérale s'échapper sur sa vision de la fiscalité des plus riches.

Débat électoral ce mercredi dans Bourassa-SauvéCinq candidat(e)s sur six croiseront le fer à l'école Henri-Bourassa

Publié le 27 août 2012 sous Archives du Presse-Gertrude, Montréal-Nord
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Ce mercredi, à l'école secondaire Henri-Bourassa, aura lieu un débat électoral durant lequel s'affronteront cinq candidats et candidates de la circonscription de Bourassa-Sauvé.
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Économie, intégration, solidarité: Will Prosper débat chez Fasken Martineau

Publié le 24 août 2012 sous Archives du Presse-Gertrude, Montréal-Nord
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Le cabinet juridique Fasken Martineau était l'hôte hier soir d'un débat électoral à la sauce économique. À la table des participants et participantes se trouvaient Will Prosper pour Québec solidaire (Bourassa-Sauvé), Nicole Léger pour le Parti Québécois (Pointe-aux-Trembles), Dominique Anglade pour la Coalition Avenir Québec (Fabre) et Pierre Arcand pour le Parti Libéral du Québec (Mont-Royal). Option Nationale n'y était pas représenté.

Photo: Pierre-Luc Daoust

Will Prosper, Nicole Léger, Dominique Anglade et Pierre Arcand débattent chez Fasken Martineau.

Le débat étant organisé par la Jeune Chambre de commerce haïtienne, le Réseau des entrepreneurs et professionnels africains, la Chambre de commerce latino-américaine du Québec et l'Association des jeunes professionnels chinois, on ne s'étonnait pas de voir qu'une partie non-négligeable de la soirée fut consacrée à l'intégration des immigrants et immigrantes et à la solidarité internationale. L'animateur de la soirée était François Bugingo, journaliste et chroniqueur pour différents médias de masse.

La relance économique

Le débat s'est ouvert sur le thème de la crise économique et de la vision de chacun des partis sur la création d'emplois. Les ressources naturelles se sont invitées naturellement (sans mauvais jeu de mot) dans la discussion. Ainsi, M. Arcand a bien sûr mentionné le Plan Nord avant d'attaquer, lors d'un face à face, les promesses totalisant selon lui 5 milliards de dollars par la CAQ et d'affirmer de façon très creuse qu'il faut vivre selon nos moyens. Mme Anglade lui a répliqué que le tiers de la dette publique aurait été ajoutée durant les neuf ans de règne libéral. M. Prosper a dù défendre la capacité d'un gouvernement solidaire à financer sa plate-forme tout en essuyant quelques préjugés à la sauce Radio X, comme une volonté de son parti à abolir le capitalisme, qui n'ont pas trouvé echo dans la salle. Il a ensuite insisté sur les limites de notre planète pour expliquer l'importance d'une décroissance économique.

L'animateur a ensuite fait dévier la discussion vers la création d'emplois pour la diminution du taux de chômage. M. Arcand a parlé des marchés internationaux et du statut d'exportateur du Québec, pour ensuite louanger les hausses du salaire minimum survenues sous la gouvernance de son parti. Il s'est toutefois vite fait ramener les pieds sur terre par Will Prosper, qui lui a reproché que le salaire minimum soit encore loin du seuil de la pauvreté. Nicole Léger, de son côté, a parlé des nombreuses pertes d'emplois que l'est de Montréal a subi dans les dernières années, citant notamment les fermetures de la raffinerie Shell et de la manufacture du fabricant de chariots Cari-All. Elle a présenté ces exemples comme des preuves qu'il fallait agir avant les fermetures et ne pas baser sa stratégie sur le reclassement des travailleurs et travailleuses.

Photo: Pierre-Luc Daoust

Will Prosper défend les positions de son parti devant un public en grosse partie issu des communautés culturelles.

Parlant de la métropole, une des grandes oubliées de la présente campagne électorale, Will Prosper a insisté sur la diversité des origines au sein de la population montréalaise comme levier de développement économique. Il a jugé prioritaire cet objectif alors qu'il le mettait en compétition avec la création et l'application d'une charte de la laïcité. Pierre Arcand, en tentant de lui répliquer, s'est ensuite ridiculisé en prétendant que Québec solidaire comptait abolir les centres commerciaux, ce qu'a catégoriquement nié le candidat solidaire dans Bourassa-Sauvé. Sa tentative de démonisation de Québec solidaire entraina quelques regards mal à l'aise au sein du public devant les propos peu réfléchis du ministre. De son côté, Dominique Anglade a demandé à Nicole Léger pourquoi le PQ voulait appliquer la loi 101 aux entreprises de moins de 50 employé(e)s plutôt que de mettre de l'énergie sur l'aide directe aux entreprises, ce à quoi la candidate péquiste a répliqué que l'un n'excluait pas l'autre, que la relance économique pouvait très bien se faire en français.

La contribution des communautés culturelles

C'est Will Prosper qui put ouvrir la discussion sur l'intégration des communautés culturelles. Relevant que 11% de la population québécoise est issue des communautés culturelles, il déplora que celles-ci ne représentent que moins de 6% de la fonction publique. Il traita ensuite de la faible reconnaissance des diplômes obtenus à l'étranger, pointant du doigt entre autres les différents ordres professionnels qui, selon lui, ne font vraiment pas assez pour remédier à la situation. Selon M. Prosper, seulement 10,7% des personnes diplômées issues de l'immigration travaillent dans leur domaine d'études.

Pierre Arcand a présenté en guise de bilan l'entente survenue avec la France en octobre 2008, soit à la fin du mandat libéral précédent. Il a aussi affirmé que son gouvernement a fait des pressions sur le Collège des médecins et a amélioré la proportion d'origine étrangère dans la fonction publique. Il a finalement souligné, lors d'un face à face, qu'il fallait profiter de chaque nomination au sein des sociétés d'État pour améliorer la représentation des communautés et tendre vers la parité hommes/femmes.

Dominique Anglade, quant à elle, a dit vouloir miser sur l'entreprenariat et l'accompagnement, tout en voulant encourager les organismes qui oeuvrent sur le terrain. Elle a aussi mis l'emphase sur l'importance d'avoir des exemples de réussite à présenter aux jeunes issus de l'immigration afin de les encourager à prendre davantage leur place. Mme Anglade s'est toutefois retrouvée sur la défensive lorsque M. Prosper a mentionné l'intention de la CAQ de réduire de 10 000 individus l'accueil de nouveaux immigrants. M. Prosper a présenté ce genre de politique comme un signal voulant que le lien d'entraide soit uniquement du Québec vers les arrivants, alors qu'au contraire il va dans les deux sens.

Nicole Léger est restée très vague sur le sujet, se contentant de parler d'un document de Gérald Godin datant du tout premier mandat péquiste et des valeurs d'inclusions que partage, selon elle, le PQ. Ses propos sur le sujet durant le débat parlait davantage de parité que d'intégration. Alors que M. Prosper parlait de l'impact de la controversée déclaration de Jacques Parizeau le soir du second référendum sur la participation des communautés culturelles à la société, racontant l'anecdote de son père qui passa de fier péquiste à abstentionniste, Mme Léger lui reprocha de renoter une erreur vieille de presque vingt ans, lui demandant combien de temps encore le PQ aurait à s'en défendre. Elle souligna finalement le l'éventuelle charte de la laïcité sera discutée au sein des élu(e)s et de la population avant d'être rédigée et adoptée.

La solidarité internationale et l'exemple d'Haïti en 2010

Parlant de la solidarité exemplaire dont le Québec avait fait preuve suite au séisme en Haïti en janvier 2010, l'animateur François Bugingo demanda aux quatre personnes leur vision de la place du Québec sur la scène internationale.

Photo: Pierre-Luc Daoust

Dominique Anglade et Pierre Arcand

Dominique Anglade exposa une vision affairiste de la solidarité mondiale. Elle présenta la réponse québécoise envers Haïti comme étant le fruit de l'entreprenariat et souligna que ces interventions solidaires étaient autant d'opportunités pour nos investisseurs de tisser des liens d'affaires avec leurs homologues.

Nicole Léger mit l'emphase sur le besoin pour le Québec de se représenter lui-même, présentant en preuve le siège limité du Québec à l'UNESCO comme le mieux qu'il ait pu réussir à obtenir. Elle décriva la place du Québec comme devant être libre, compétitive et ouverte. Elle inclua finalement les valeurs d'entraide dans sa vision de la solidarité internationale, refusant que l'argent en soit le guide premier.

Will Prosper choisit quant à lui d'insister sur l'importance de se tenir debout face aux apparteids, mentionnant qu'un soutien à la Palestine, par exemple, n'était pas un affront envers le peuple israélien mais bien une dénonciation des gestes décidés par les seuls membres d'un gouvernement. M. Prosper réclama le rapatriement des compétences en matière d'immigration afin d'éviter que se répètent les refus de visa pour des équipes sportives, des musiciens venus participer à un spectacle-bénéfice ou encore la difficulté pour des enfants haïtiens en 2010 de trouver refuge au Canada. Il ajouta que les organismes non-gouvernemenaux devaient absolument faire usage des ressources locales lors de leurs interventions, stimulant ainsi l'économie du pays touché plutôt que de le garder dans une situation de pauvreté et de dépendance face à l'aide étrangère.

Enfin, Pierre Arcand insista sur la stature du Québec en tant qu'exportateur et sur son rôle dans le développement de la fonction publique haïtienne avant même le séisme. M. Arcand s'est toutefois retrouvé sur la défensive lorsque Mme Anglade lui a reproché la politique libérale sur l'exportation d'amiante. Provoquant une vague de protestations du public, M. Arcand a demandé qui le Québec pouvait prétendre être pour poser un jugement moral sur les importations des pays étrangers, se gardant d'en poser un sur le choix du Québec d'offrir le controversé matériau. Il ajouta à sa déclaration que les besoins en emploi dans les villes tournant autour de l'amiante primait sur toutes autres considérations.

Tout un contraste avec la tivi!

Mis à part les quelques attaques faibles d'esprit que dut essuyer Will Prosper, le débat fut nettement plus constructif que les débats des chefs télévisés. Les quatre concurrents et concurrentes n'avaient pas peur de reconnaître des bons aspects des plate-formes de leurs adversaires. Un débat haut en propos... et en altitude, lui qui avait lieu au 37e étage de la Tour de la Bourse, donc plus haut que le toit de la tour de la Banque Nationale.

Anecdote à part, pour conclure ce texte. Dominique Anglade est co-fondatrice d'une fondation nommée Kanpe, un mot créole signifiant... "debout", le slogan de Québec solidaire.

Candidatures électorales: l’inscription est closeIl y aura six cases à cocher sur le bulletin de vote

Publié le 18 août 2012 sous Archives du Presse-Gertrude, Montréal-Nord
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Si certaines personnes trouvent difficile de fixer leur choix électoral, elles peuvent être rassurées sur une chose: la liste ne s'allongera plus. Il y a quelques minutes prenait fin la période de production d'une déclaration de candidature.

En effet, selon l'article 237 de la Loi électorale du Québec, "une personne qui désire poser sa candidature doit, entre 14 h le deuxième jour qui suit celui de la prise du décret et 14 h le seizième jour précédant celui du scrutin, produire une déclaration de candidature au bureau principal du directeur du scrutin." Ce qui nous amène à il y a quelques minutes.

Pancartes électorales Bourassa-Sauvé

Photo: Pierre-Luc Daoust

Montréal-Nord n'échappe pas au tapissage de pancartes électorales.

Où en sommes-nous, dans Bourassa-Sauvé, la circonscription qui correspond presque exactement à l'arrondissement? Selon le bureau du directeur de scrutin, ce seront six choix qui s'offriront sur le bulletin de vote. Les personnes ayant officialisé leur candidature sont: Rita de Santis, pour le Parti Libéral; Marianne Dessureault, pour le Parti Québécois; Éric Guerra Grenier, pour le Parti vert; Nancy Lavallée, pour Option Nationale; Louis Pelletier, pour la Coalition Avenir Québec; et Will Prosper, pour Québec solidaire.

Voilà donc la liste des candidats et candidates que vous retrouverez sur le petit bout de papier de notre démocratie quadriennale. En attendant le jour J, la campagne se poursuit!