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Débat électoral à l’école Henri-Bourassa5 des 6 candidat(e)s croisent le fer

Publié le 30 août 2012 sous Archives du Presse-Gertrude, Montréal-Nord
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À l'instar de plusieurs autres circonscriptions, Bourassa-Sauvé a eu droit hier soir à son débat local. C'est dans l'auditorium de l'école secondaire Henri-Bourassa, dans l'est de Montréal-Nord, que les cinq partis invités ont vu leur porte-drapeau respectif échanger leurs idées, à l'invitation de la Chambre de commerce et d'industrie de Montréal-Nord et du journal Le Guide.

À la table se trouvait donc Rita de Santis pour le Parti Libéral du Québec, Marianne Dessureault pour le Parti Québécois, Nancy Lavallée pour Option Nationale, Louis Pelletier pour la Coalition Avenir Québec et Will Prosper pour Québec solidaire. Seul Éric Guerra-Grenier, du Parti Vert du Québec, n'était pas invité, et ce n'est qu'à la dernière minute que Nancy Lavallée le fut, le débat devant initialement ne confronter que quatre individus.

Le débat fut séparé en deux parties: une première de trois questions où chaque candidat ou candidate y répondait sans qu'il n'y ait de débat, une seconde de quatre questions où le débat s'enclenchait dès la question posée.

Climat social tendu: mythe ou réalité?

La soirée s'ouvrit sur le thème du climat social. L'animatrice demanda si le constat d'un climat tendu était exagéré ou reflétait la réalité, et s'il avait changé dans les dernières années. Rita de Santis débuta en disant que la situation s'était améliorée mais qu'il y avait encore du travail à faire, constat partagé par plusieurs de ses voisins et voisines de table. Elle cita quelques initiatives déjà prises par le municipal et la la police via ses interventions communautaires. Elle insista sur le fait que Montréal-Nord n'était pas monolythique, qu'il y avait plusieurs poches de pauvreté mais que ce n'était pas généralisé.

Marianne Dessureault pointa de son côté la densité démographique de certains secteurs et mis l'emphase sur l'importance du travail de terrain des organismes communautaires. Elle enchaîna en mentionnant la plateforme péquiste en matière d'éducation et de logement social, notamment.

Nancy Lavallée condamna l'image faite de Montréal-Nord, indiquant que l'arrondissement n'était pas seulement caractérisé par la pauvreté et la criminalité. Elle mentionna les tensions qui, selon elle, sont encore bien présentes, tout comme le profilage. Elle pointa du doigt le financement mal attribué entre les différents organismes communautaires, relevant la nécessité d'une parfaite indépendance des gens qui attribuent les subventions et choisissent les projets.

Louis Pelletier s'attarda beaucoup sur le côté policier du travail à effectuer. Il distingua le profilage racial, qu'il condamna, et le profilage criminel, selon lui essentiel, tout en ajoutant que la ligne entre les deux est malheureusement très mince. Il croit qu'il faut recruter beaucoup plus de policiers et policières provenant des communautés culturelles. Il s'exprima ensuite sur le besoin de rapprocher les ainé(e)s et les jeunes, les premiers craignants les seconds, selon lui.

Enfin, Will Prosper se dit particulièrement touché par le sujet, lui qui était là le soir de l'émeute de 2008 et qui fut invité à parler du sujet un peu partout au Québec. Il parla de son expérience au sein des organismes communautaires et mentionna le problème des gens de l'extérieur qui tentent de gérer le problème avec leurs statistiques sans jamais n'avoir vécu à Montréal-Nord. Il ajouta que Québec solidaire veut supporter les projets locaux en incluant les jeunes du quartier et non pas en les leur arrachant pour les confier à d'autres équipes.

Transport et dépassements de coûts

S'en suivit le thème des projets de transport en commun et des inquiétudes souvent entendues concernant les dépassements de coût et de délais. La question d'un prolongement du métro jusqu'à Montréal-Nord fut beaucoup discutée. Nancy Lavallée et Will Prosper le désignèrent comme une priorité tandis que Louis Pelletier et Rita de Santis le rejetèrent pour des raisons financières. M. Pelletier indiqua d'ailleurs préférer, tout comme son parti, le train de banlieue, qu'il juge plus efficace à mettre en place.

Marianne Dessureault endossa les priorités décidées localement, ajoutant que le Bixi devrait être étendu jusqu'ici. Mme Lavallée indiqua qu'implanter le Bixi ne pourrait se faire si on ne créait pas d'abord une place dans les rues pour le vélo, place présentement presque toute attribuée à la voiture. Elle pointa aussi du doigt les tarifs toujours en hausse de la Société de transport de Montréal. Enfin, elle affirma ne pas comprendre les coûts et délais des travaux de contruction n'étaient pas fixés dans les contrats, comme lorsqu'on fait rénover une maison, ce qui forcerait les contracteurs à soumissionner des prix réels et à s'arranger pour les respecter. De son côté, M. Pelletier insista sur la lutte à la corruption et à la collusion pour contrôler les coûts.

Will Prosper jugea inacceptable que ça prenne encore plus d'une heure et demi pour se rendre au centre-ville depuis certains secteurs de l'arrondissement. Il affirma que le transport en commun y était négligé car les votes de la population nord-montréalaise seraient pris pour acquis par ses représentants et représentantes à tous les niveaux. Il cita enfin certains éléments du Plan vert de son parti.

Enfin, Mme de Santis compléta le tour de table en vantant la progression du train de l'est et en affirmant vouloir pousser pour que les deux gares planifiées dans l'arrondissement voient leur construction bien se dérouler et pointa la nécessité de coordonner les différents travaux entourant l'intersection Pie-IX / Henri-Bourassa (pont, viaduc et service rapide par bus), sans expliquer pourquoi ça ne se faisait pas déjà.

Cinq visions de l'économie locale

Quelle est la vision de chacun des candidats et chacune des candidates sur la modernisation et la revitalisation de l'économie de Montréal-Nord? La place de la petite et moyenne entreprise (PME) à Montréal-Nord a fait l'unanimité. Nancy Lavallée débuta en affirmant vouloir consulter et surtout écouter les entreprises locales et la population sur leurs besoins. Louis Pelletier continua en présentant la nécessité de remettre en valeur le secteur industriel, tout en remboursant durant cinq ans la hausse de taxes foncières que cette revitalisation entrainera.

Will Prosper se fit plutôt défenseur d'une économie alternative. Il croit que la revitalisation doit se faire au profit du lancement de coopératives et d'entreprises d'économie sociale, meilleure façon selon lui pour que les investissements en la matière profitent vraiment à l'ensemble de la population. Il ajouta d'ailleurs qu'il fallait aussi penser à revitaliser la population en lui offrant la formation nécessaire dans une économie du savoir. Il conclua en affirmant que cette revitalisation pourrait faire de Montréal-Nord un chef de file en matière d'économie coopérative.

Rita de Santis croit qu'il faut chercher à attirer des entreprises existantes à venir s'installer à Montréal-Nord, en leur offrant de l'aide pour décontaminer leur terrain au besoin. Elle voit la voie ferrée et le pont de l'autoroute 25 comme de bons leviers et souhaite pousser entrepreneuriat chez les jeunes, clâmant qu'à ses yeux, l'époque où on pouvait être embauché par une entreprise et y travailler toute sa vie active est désormais révolue. Enfin, Marianne Dessureault endossa les propositions de la stratégie de développement économique de l’Est de Montréal 2011-2017 et affirma qu'il fallait pousser pour le développement des secteurs manufacturier et d'économie sociale.

Sur la situation des organismes communautaires

L'animatrice introduisit la seconde partie de la soirée, celle qui fut réellement un débat, en invitant les candidats et candidates à se prononcer sur la situation des organismes communautaires, leur demandant s'il fallait en faire plus. Elle leur demanda aussi de se prononcer sur une demande de l'arrondissement, soit celle de financer la construction d'un centre communautaire et sportif près de la future intersection Pie-IX et Henri-Bourassa. Notons que cette dernière question fut posée alors que Gilles Deguire était présent dans le public.

Sans surprise, tout le monde s'y est montré ouvert. Seules Rita de Santis et Marianne Dessureault ne se sont pas carrément engagées envers sa construction: la première se contentant de dire qu'elle ferait de son mieux pour obtenir le plus possible pour combler les besoins visés, la seconde jugeant irresponsable de s'engager sur un montant à ce stade-ci du projet. Louis Pelletier et Nancy Lavallée insistèrent sur le fait que ce centre devra s'adresser à tous et toutes, l'un parlant de toutes les classes de la population, l'autre parlant de l'accès par les individus et non pas seulement par les groupes organisés.

Sur les organismes communautaires, M. Pelletier voit leurs besoins comme n'étant pas uniquement en financement mais aussi en temps et en compétences. Rita de Santis insista sur le besoin d'un guichet unique afin de rendre la recherche de financement des organismes moins complexe, pointant du doigt le dédoublement des services administratifs mis à leur disposition. Mme Lavallée répliqua que le temps immense investi par les organismes sur le financement était dû au manque de financement public, les obligeant à cogner à beaucoup de portes au sein du secteur privé.

Mme Dessureault cita la volonté du PQ d'instaurer un crédit d'impôt sur les activités sportives et culturelles. De son côté, Will Prosper souligna l'aménagement de nouveaux terrains de soccer, mais réclama que ceux-ci deviennent plus accessibles. Il cita aussi le problème de l'accès à des locaux pour tenir des activités alors que des organismes doivent souvent débourser des milliers de dollars pour en utiliser.

Sur le logement social

Will Prosper débuta ce débat en liant le fait de bien se loger et le fait d'être en santé. Soulignant que Montréal-Nord est populé aux trois quarts de locataires, il rappela que le logement, tant social que dans son ensemble, figure dans les cinq grandes priorités de son parti. Rita de Santis endossa à son tour le besoin en logement sociaux, mais insista sur le fait qu'il ne fallait pas créer de ghettos, ce à quoi M. Prosper réagissa, se disant outré du choix du mot « ghetto ». Mme de Santis se reprit, réclamant que les nouveaux logements sociaux soient bien répartis au sein de l'arrondissement. Marianne Dessureault parla du taux d'inoccupation préoccupant et attaqua Louis Pelletier en notant l'absence du logement social dans la plate-forme caquiste. Elle ajouta que les logements abordables privés devaient aussi faire partie de la solution. Nancy Lavallée s'exprima à contre-courant en refusant l'idée d'investir massivement dans la construction de logements sociaux, préférant s'attaquer à la pauvreté pour éliminer le besoin de ces logements. M. Prosper s'empressa de lui répliquer qu'on n'occupe pas un logement social toute sa vie et que ces logements sont justement un tremplin pour sortir de la pauvreté.

Sur le décrochage et la scolarité de Montréal-Nord

Alors que l'animatrice orienta le débat vers le problème du décrochage scolaire, Rita de Santis s'élança sans hésiter dans une défense de la hausse des droits de scolarité, se comparant aux endroits où ça coûte plus cher. Elle se pointa en exemple, parlant de sa démarche universitaire alors que ses parents sont arrivés au Canada peu scolarisés à une époque où les droits de scolarité représentaient un fardeau beaucoup plus élevés, pour tenter de démontrer qu'ils ne sont pas un frein à l'accessibilité. Will Prosper dût lui rappeler que si elle, individuellement, avait réussi, la tendance socio-économique de l'ensemble de la population démontre qu'elle est un exemple isolé.

Mme de Santis affirma vouloir mettre l'emphase sur l'aide aux devoirs. Marianne Dessureault parla du manque d'intervenants spécialisés dans les écoles, ce qui lui valût de se faire rappeler par Mme de Santis que c'est Pauline Marois qui les a retiré. La candidate libérale se retrouva sur la défensive lorsque Will Prosper rappela qu'elle était membre du conseil d'administration de l'université Concordia lorsque celle-ci se prit une amende de deux millions de dollars pour avoir donné des primes de départ trop généreuses à ses dirigeants, ce à quoi Mme de Santis ne répliqua pas. Enfin, Nancy Lavallée se démarqua en parlant du besoin en écoles alternatives pour aider les jeunes qui ne réussissent pas dans le modèle scolaire traditionnel.

L'éternelle confrontation entre l'économie et l'environnement

Quelle est la vision de chaque parti sur l'exploitation gazière et pétrolière, le développement minier du nord et le déchirement emploi/environnement qui se rattache à ce débat, demanda l'animatrice. Marianne Dessureault mentionna le besoin d'un nouveau régime de redevances, ce à quoi Nancy Lavallée lui opposa la nationalisation complète des ressources naturelles. Louis Pelletier réclama l'intervention de la Caisse de dépôt et placement du Québec dans ce secteur économique afin de nous en rendre actionnaire collectivement. Rita de Santis rejeta cette idée, plaidant pour une indépendance totale de la Caisse du gouvernement. Will Prosper lui répliqua que ce sont les Libéraux qui ont modifié le mandat de la Caisse pour que celle-ci vise le rendement par tous les moyens, avec les conséquences que cette vision a entrainé dans l'histoire des papiers commerciaux.

Au tour du public de parler

La soirée s'est conclue sur une période de questions parfois douteuses, avant laquelle Louis Pelletier a déploré l'absence des ainé(e)s parmi les sujets du débat. Le public a questionné les candidats et candidates notamment sur l'idée d'une plage, sur la cruauté envers les animaux et sur le partage de la richesse.

Cette dernière question a soulevé davantage de réponses. Rita de Santis a plaidé pour que les plus démuni(e)s doivent tout de même participer un peu à leurs besoins et a demandé pourquoi il fallait toujours qu'on parle de puiser chez les plus riches pour aider les plus pauvres. Will Prosper lui dit remarquer que sa vision venait d'Outremont alors qu'elle se présente à Montréal-Nord, visiblement satisfait de voir la candidate libérale s'échapper sur sa vision de la fiscalité des plus riches.

Débat électoral ce mercredi dans Bourassa-SauvéCinq candidat(e)s sur six croiseront le fer à l'école Henri-Bourassa

Publié le 27 août 2012 sous Archives du Presse-Gertrude, Montréal-Nord
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Ce mercredi, à l'école secondaire Henri-Bourassa, aura lieu un débat électoral durant lequel s'affronteront cinq candidats et candidates de la circonscription de Bourassa-Sauvé.
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Nancy Lavallée et le Québec souverain inclusifEntrevue avec la candidate d'Option Nationale dans Bourassa-Sauvé

Publié le 22 août 2012 sous Archives du Presse-Gertrude, Entrevues, Montréal-Nord
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J'ai bien plus peur d'un criminel à cravate que d'un criminel avec un bandeau rouge

Un nouveau parti souverainiste a fait son apparition cette année. Il s'agit d'Option Nationale, fondé par le député Jean-Martin Aussant. Chez nous, dans Bourassa-Sauvé, c'est Nancy Lavallée qui se présente "au batte" pour défendre les couleurs de son parti.

Photo: Mathieu Breton

Nancy Lavallée, candidate d'Option Nationale dans Bourassa-Sauvé

Intervenante en dépendances, mariée, mère de deux enfants, Nancy Lavallée vit présentement à Laval. "Mais j'ai déjà habité à Montréal-Nord, dans un logement sur Maurice-Duplessis", précise-t-elle. "Au moment où mon mari et moi avons commencé à chercher une maison, nous avons vite vu que nous n'avions pas les moyens d'être propriétaires à Montréal. Je fais donc le chemin chaque jour pour venir y travailler."

D'ailleurs, elle travaille et s'occupe de ses enfants en même temps qu'elle fait campagne. Pourquoi alors ne pas avoir privilégié une circonscription plus près de chez elle, plutôt que de venir se battre sur un terrain qui vote rouge depuis près de trente ans? "La circonscription où je vis n'étais pas disponible au sein d'Option Nationale. Mais au-delà de ça, je trouve dommage la réputation de Bourassa-Sauvé qui, à mon avis, n'est pas du tout ce qu'on en voit dans le journal. Il se forme peut-être présentement une guerre de gang et, pourtant, je me promène tous les jours dans ce quartier et personne n'est venu me faire peur! Les gens y sont gentils, il y a des familles. Il y a plein de gens qui valent la peine d'être rencontrés à Montréal-Nord et, au lieu de montrer ça, on fait une publicité très néfaste et fausse du quartier. On dirait presque, en fait, que certains ne veulent pas que Montréal-Nord grandisse. Je trouve ça dommage car, personnellement, j'adorerais y habiter à nouveau."

Le cliché classique sur Montréal-Nord est son association avec les gangs de rue. Un lien qui n'est pas faux. On constate toutefois qu'Option Nationale ne parle pas de gestion du crime organisé, un sujet qui est revenu dans l'attention médiatique avec cet assassinat aux Galeries d'Anjou d'un chef de gang. "Présentement, la vision du parti sur les services sociaux n'a pas été votée en congrès", explique Mme Lavallée. Mais ça ne l'empêche pas de voir la campagne en cours comme une bonne occasion de construire cette plateforme. De rencontre en rencontre, elle prend connaissance des besoins en la matière. "Je crois qu'il faut bâtir cette plateforme en fonction des besoins du milieu, et non pas en fonction de ce que l'on croit que les besoins sont. Je bâtis présentement mon dossier sur le sujet. Tant moi que Jean-Martin Aussant préférons la prévention et la réhabilitation plutôt que la répression. Par prévention, j'entends une prévention qui est précoce! Il faut commencer dès l'enfance, en s'attaquant à l'intimidation à l'école, par exemple. Une telle intervention de première ligne est beaucoup plus efficace qu'une intervention de troisième ligne, où il s'agit de prévenir les méfaits." Et quand aux personnes un peu plus âgées qui ont déjà les deux pieds dans le milieu criminel? "Il y a toujours de quoi à faire. Mais il est beaucoup plus difficile d'intervenir auprès de jeunes et moins jeunes quand ils ont développé une expérience et un réseau de contacts au sein du crime. Présentement, ces gens n'ont de ressources qu'à partir du moment où ils se retrouvent en centre jeunesse ou en prison. Je veux continuer à croire que tout le monde peut s'en sortir. Mais quand on regarde des cas comme Mom Boucher, des cas qui ont construit leur vie autour du crime, on doit accepter que des gens soient rendus trop loin pour se séparer complètement du milieu criminalisé."

En 2013, un dossier chaud reviendra sous les feux de la rampe, celui de la mort du jeune Fredy Villanueva. La Ville de Montréal a déposé une requête pour faire censurer du futur rapport d'enquête publique les informations sur le mécanisme de sécurité de l'étui de l'arme à feu des policiers et policières, requête qui sera entendue l'année prochaine. Cette requête est vue par plusieurs comme une tentative de torpillage, surtout alors qu'à l'origine la Ville et le gouvernement s'opposaient vigoureusement à la tenue de l'enquête publique. "Je n'ai jamais compris pourquoi [le gouvernement tenait tant à ce qu'elle n'ait pas lieu]", dit-elle. "Selon moi, personne n'est au-dessus des lois. Oui, des erreurs peuvent survenir, dans la police comme ailleurs, mais assumons-les! Mais le fait de chercher à étouffer l'affaire, c'est questionable. Très questionable, même. Je continue à dire que je ne comprends pas qu'une telle situation ait pu mener au décès du jeune garçon. J'ai bien hâte de lire le rapport final et, de ce qui en sort jusqu'à maintenant, ça ne regarde pas très bien pour les policiers."

Nancy Lavallée s'est portée candidate dans Bourassa-Sauvé avec, parmi ses objectifs, de combattre cette mauvaise image qui suit l'arrondissement. Qu'est-ce qui peut être fait, selon elle? "Tout simplement de publiciser la vérité", répond-elle sans hésiter. "Montréal-Nord est un secteur multiculturel. Or, ce multiculturalisme est la plus grande richesse du Québec! La population québécoise de souche a beaucoup à apprendre des nouveaux arrivants. D'ailleurs, si leurs diplômes étaient reconnus plus facilement par l'État, les endroits comme Montréal-Nord ne seraient plus si pauvres car ces personnes pourraient enfin travailler librement dans leur domaine respectif! À mes yeux, Montréal-Nord est plein de potentiel. Il faut juste que quelqu'un se lève et dise ouvertement c'est quoi, Montréal-Nord, et invite l'ensemble de la population à découvrir cet arrondissement sous son vrai jour. Il faut parler d'un Montréal-Nord qui est loin d'être un ghetto où règnent les gangs. Personnellement, j'ai bien plus peur d'un criminel à cravate que d'un criminel avec un bandeau rouge."

Puisqu'on parle de multiculturalisme, la militante péquiste et enseignante de francisation Tania Longpré (qui a d'ailleurs déjà habité à Montréal-Nord) a publié sur le site de La Presse dans lequel elle pointe les capsules vidéos de Jean-Martin Aussant en anglais et en espagnol d'un regard fort péjoratif. Elle soutient que ce geste, qualifié d'ouverture chez Option Nationale, place la langue française dans une position moins importante et donne l'impression que le fardeau de l'apprentissage de la langue de l'autre revient aux francophones. Une méthode qu'elle décrit comme multiculturaliste. N'ayant pas lu ce texte de Mme Longpré, Mme Lavallée ne pouvait lui répliquer directement mais tenait à défendre l'usage de l'anglais et de l'espagnol par son chef. "Il me semble normal de vouloir aller chercher les gens dans la langue qu'ils comprennent le mieux. Oui, la langue française est importante, la loi 101 est importante, mais tant qu'on ne donnera pas des cours de francisation qui ont de l'allure, il faut s'arranger pour rejoindre ces gens! Je défends parfaitement le choix de mon chef de parler d'autres langues, ça démontre justement qu'on ne met pas de côté les gens qui ne sont pas des Québécois de souche. Au contraire, on veut fonder le Québec tout le monde ensemble!"

Le discours d'Option Nationale en matière de question nationale est clair: la souveraineté avant tout, la souveraineté comme nécessité afin de réaliser le reste de la plateforme. Ce nouveau parti amène l'accession à la souveraineté d'une façon à laquelle la population n'a pas été habituée: on va de l'avant avec le rapatriement des lois, impôts et traités avant même la tenue d'un référendum. N'est-ce pas un élément majeur qui pourrait apparaitre comme antidémocratique aux yeux de certaines personnes? "Il va de soi qu'on ne fera pas un pays tout seul dans notre coin, il va falloir que le projet soit accepté par la majorité des Québécois." insiste la candidate. "Option Nationale compte bien discuter de la souveraineté avec la population et l'entendre. Mais viendra un moment où une décision devra être prise. En partant, si la population porte Option Nationale au pouvoir, elle sait à quoi s'en tenir: elle accepte que le LIT du Québec soit fait dès l'arrivée au pouvoir. En général, les gens comprennent qu'on a les citoyens à coeur. D'ailleurs, l'équipe d'Option Nationale est composée de gens ordinaires, Option Nationale est le parti des gens ordinaires."

Depuis la fondation du parti, les militants et militantes d'Option Nationale se plaignent souvent d'une faible couverture médiatique, voire d'un boycott venant des médias de masse. Le parti prévoit, dans sa plateforme, la création d'une commission chargée d'évaluer la concentration des médias et faire des recommandations au gouvernement, ce qui expliquerait le présumé boycott par les médias, selon certains membres. Un projet qui, à court terme, se heurterait à la juridiction fédérale du CRTC et du Bureau de la concurrence. "Ne perdons pas de vue que le but premier d'Option Nationale, c'est la souveraineté!", me réplique-t-elle. Quelles seraient les interventions possibles d'un gouvernement dirigé par Option Nationale, si ladite commission identifiait une concentration trop élevée? "On va d'abord voir le résultat de cette commission, mais une fois que le Québec a rapatrié toutes ses lois, il n'y a plus de limite quand aux limitations qu'on choisira d'imposer quant à la propriété d'entreprises médiatiques. Ça vaut pour cette industrie, mais ça vaut aussi pour tous les domaines: un Québec indépendant aura tous les outils pour se prendre en main."

Note de l'auteur: Dans le cadre des élections québécoises 2012, je réaliserai des entrevues avec plusieurs candidats et candidates dans Bourassa-Sauvé. Nancy Lavallée fut la première à se soumettre à l'exercise mais restez à l'affût car il y en aura d'autres!

Candidatures électorales: l’inscription est closeIl y aura six cases à cocher sur le bulletin de vote

Publié le 18 août 2012 sous Archives du Presse-Gertrude, Montréal-Nord
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Si certaines personnes trouvent difficile de fixer leur choix électoral, elles peuvent être rassurées sur une chose: la liste ne s'allongera plus. Il y a quelques minutes prenait fin la période de production d'une déclaration de candidature.

En effet, selon l'article 237 de la Loi électorale du Québec, "une personne qui désire poser sa candidature doit, entre 14 h le deuxième jour qui suit celui de la prise du décret et 14 h le seizième jour précédant celui du scrutin, produire une déclaration de candidature au bureau principal du directeur du scrutin." Ce qui nous amène à il y a quelques minutes.

Pancartes électorales Bourassa-Sauvé

Photo: Pierre-Luc Daoust

Montréal-Nord n'échappe pas au tapissage de pancartes électorales.

Où en sommes-nous, dans Bourassa-Sauvé, la circonscription qui correspond presque exactement à l'arrondissement? Selon le bureau du directeur de scrutin, ce seront six choix qui s'offriront sur le bulletin de vote. Les personnes ayant officialisé leur candidature sont: Rita de Santis, pour le Parti Libéral; Marianne Dessureault, pour le Parti Québécois; Éric Guerra Grenier, pour le Parti vert; Nancy Lavallée, pour Option Nationale; Louis Pelletier, pour la Coalition Avenir Québec; et Will Prosper, pour Québec solidaire.

Voilà donc la liste des candidats et candidates que vous retrouverez sur le petit bout de papier de notre démocratie quadriennale. En attendant le jour J, la campagne se poursuit!