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Débat électoral à l’école Henri-Bourassa5 des 6 candidat(e)s croisent le fer

Publié le 30 août 2012 sous Archives du Presse-Gertrude, Montréal-Nord
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À l'instar de plusieurs autres circonscriptions, Bourassa-Sauvé a eu droit hier soir à son débat local. C'est dans l'auditorium de l'école secondaire Henri-Bourassa, dans l'est de Montréal-Nord, que les cinq partis invités ont vu leur porte-drapeau respectif échanger leurs idées, à l'invitation de la Chambre de commerce et d'industrie de Montréal-Nord et du journal Le Guide.

À la table se trouvait donc Rita de Santis pour le Parti Libéral du Québec, Marianne Dessureault pour le Parti Québécois, Nancy Lavallée pour Option Nationale, Louis Pelletier pour la Coalition Avenir Québec et Will Prosper pour Québec solidaire. Seul Éric Guerra-Grenier, du Parti Vert du Québec, n'était pas invité, et ce n'est qu'à la dernière minute que Nancy Lavallée le fut, le débat devant initialement ne confronter que quatre individus.

Le débat fut séparé en deux parties: une première de trois questions où chaque candidat ou candidate y répondait sans qu'il n'y ait de débat, une seconde de quatre questions où le débat s'enclenchait dès la question posée.

Climat social tendu: mythe ou réalité?

La soirée s'ouvrit sur le thème du climat social. L'animatrice demanda si le constat d'un climat tendu était exagéré ou reflétait la réalité, et s'il avait changé dans les dernières années. Rita de Santis débuta en disant que la situation s'était améliorée mais qu'il y avait encore du travail à faire, constat partagé par plusieurs de ses voisins et voisines de table. Elle cita quelques initiatives déjà prises par le municipal et la la police via ses interventions communautaires. Elle insista sur le fait que Montréal-Nord n'était pas monolythique, qu'il y avait plusieurs poches de pauvreté mais que ce n'était pas généralisé.

Marianne Dessureault pointa de son côté la densité démographique de certains secteurs et mis l'emphase sur l'importance du travail de terrain des organismes communautaires. Elle enchaîna en mentionnant la plateforme péquiste en matière d'éducation et de logement social, notamment.

Nancy Lavallée condamna l'image faite de Montréal-Nord, indiquant que l'arrondissement n'était pas seulement caractérisé par la pauvreté et la criminalité. Elle mentionna les tensions qui, selon elle, sont encore bien présentes, tout comme le profilage. Elle pointa du doigt le financement mal attribué entre les différents organismes communautaires, relevant la nécessité d'une parfaite indépendance des gens qui attribuent les subventions et choisissent les projets.

Louis Pelletier s'attarda beaucoup sur le côté policier du travail à effectuer. Il distingua le profilage racial, qu'il condamna, et le profilage criminel, selon lui essentiel, tout en ajoutant que la ligne entre les deux est malheureusement très mince. Il croit qu'il faut recruter beaucoup plus de policiers et policières provenant des communautés culturelles. Il s'exprima ensuite sur le besoin de rapprocher les ainé(e)s et les jeunes, les premiers craignants les seconds, selon lui.

Enfin, Will Prosper se dit particulièrement touché par le sujet, lui qui était là le soir de l'émeute de 2008 et qui fut invité à parler du sujet un peu partout au Québec. Il parla de son expérience au sein des organismes communautaires et mentionna le problème des gens de l'extérieur qui tentent de gérer le problème avec leurs statistiques sans jamais n'avoir vécu à Montréal-Nord. Il ajouta que Québec solidaire veut supporter les projets locaux en incluant les jeunes du quartier et non pas en les leur arrachant pour les confier à d'autres équipes.

Transport et dépassements de coûts

S'en suivit le thème des projets de transport en commun et des inquiétudes souvent entendues concernant les dépassements de coût et de délais. La question d'un prolongement du métro jusqu'à Montréal-Nord fut beaucoup discutée. Nancy Lavallée et Will Prosper le désignèrent comme une priorité tandis que Louis Pelletier et Rita de Santis le rejetèrent pour des raisons financières. M. Pelletier indiqua d'ailleurs préférer, tout comme son parti, le train de banlieue, qu'il juge plus efficace à mettre en place.

Marianne Dessureault endossa les priorités décidées localement, ajoutant que le Bixi devrait être étendu jusqu'ici. Mme Lavallée indiqua qu'implanter le Bixi ne pourrait se faire si on ne créait pas d'abord une place dans les rues pour le vélo, place présentement presque toute attribuée à la voiture. Elle pointa aussi du doigt les tarifs toujours en hausse de la Société de transport de Montréal. Enfin, elle affirma ne pas comprendre les coûts et délais des travaux de contruction n'étaient pas fixés dans les contrats, comme lorsqu'on fait rénover une maison, ce qui forcerait les contracteurs à soumissionner des prix réels et à s'arranger pour les respecter. De son côté, M. Pelletier insista sur la lutte à la corruption et à la collusion pour contrôler les coûts.

Will Prosper jugea inacceptable que ça prenne encore plus d'une heure et demi pour se rendre au centre-ville depuis certains secteurs de l'arrondissement. Il affirma que le transport en commun y était négligé car les votes de la population nord-montréalaise seraient pris pour acquis par ses représentants et représentantes à tous les niveaux. Il cita enfin certains éléments du Plan vert de son parti.

Enfin, Mme de Santis compléta le tour de table en vantant la progression du train de l'est et en affirmant vouloir pousser pour que les deux gares planifiées dans l'arrondissement voient leur construction bien se dérouler et pointa la nécessité de coordonner les différents travaux entourant l'intersection Pie-IX / Henri-Bourassa (pont, viaduc et service rapide par bus), sans expliquer pourquoi ça ne se faisait pas déjà.

Cinq visions de l'économie locale

Quelle est la vision de chacun des candidats et chacune des candidates sur la modernisation et la revitalisation de l'économie de Montréal-Nord? La place de la petite et moyenne entreprise (PME) à Montréal-Nord a fait l'unanimité. Nancy Lavallée débuta en affirmant vouloir consulter et surtout écouter les entreprises locales et la population sur leurs besoins. Louis Pelletier continua en présentant la nécessité de remettre en valeur le secteur industriel, tout en remboursant durant cinq ans la hausse de taxes foncières que cette revitalisation entrainera.

Will Prosper se fit plutôt défenseur d'une économie alternative. Il croit que la revitalisation doit se faire au profit du lancement de coopératives et d'entreprises d'économie sociale, meilleure façon selon lui pour que les investissements en la matière profitent vraiment à l'ensemble de la population. Il ajouta d'ailleurs qu'il fallait aussi penser à revitaliser la population en lui offrant la formation nécessaire dans une économie du savoir. Il conclua en affirmant que cette revitalisation pourrait faire de Montréal-Nord un chef de file en matière d'économie coopérative.

Rita de Santis croit qu'il faut chercher à attirer des entreprises existantes à venir s'installer à Montréal-Nord, en leur offrant de l'aide pour décontaminer leur terrain au besoin. Elle voit la voie ferrée et le pont de l'autoroute 25 comme de bons leviers et souhaite pousser entrepreneuriat chez les jeunes, clâmant qu'à ses yeux, l'époque où on pouvait être embauché par une entreprise et y travailler toute sa vie active est désormais révolue. Enfin, Marianne Dessureault endossa les propositions de la stratégie de développement économique de l’Est de Montréal 2011-2017 et affirma qu'il fallait pousser pour le développement des secteurs manufacturier et d'économie sociale.

Sur la situation des organismes communautaires

L'animatrice introduisit la seconde partie de la soirée, celle qui fut réellement un débat, en invitant les candidats et candidates à se prononcer sur la situation des organismes communautaires, leur demandant s'il fallait en faire plus. Elle leur demanda aussi de se prononcer sur une demande de l'arrondissement, soit celle de financer la construction d'un centre communautaire et sportif près de la future intersection Pie-IX et Henri-Bourassa. Notons que cette dernière question fut posée alors que Gilles Deguire était présent dans le public.

Sans surprise, tout le monde s'y est montré ouvert. Seules Rita de Santis et Marianne Dessureault ne se sont pas carrément engagées envers sa construction: la première se contentant de dire qu'elle ferait de son mieux pour obtenir le plus possible pour combler les besoins visés, la seconde jugeant irresponsable de s'engager sur un montant à ce stade-ci du projet. Louis Pelletier et Nancy Lavallée insistèrent sur le fait que ce centre devra s'adresser à tous et toutes, l'un parlant de toutes les classes de la population, l'autre parlant de l'accès par les individus et non pas seulement par les groupes organisés.

Sur les organismes communautaires, M. Pelletier voit leurs besoins comme n'étant pas uniquement en financement mais aussi en temps et en compétences. Rita de Santis insista sur le besoin d'un guichet unique afin de rendre la recherche de financement des organismes moins complexe, pointant du doigt le dédoublement des services administratifs mis à leur disposition. Mme Lavallée répliqua que le temps immense investi par les organismes sur le financement était dû au manque de financement public, les obligeant à cogner à beaucoup de portes au sein du secteur privé.

Mme Dessureault cita la volonté du PQ d'instaurer un crédit d'impôt sur les activités sportives et culturelles. De son côté, Will Prosper souligna l'aménagement de nouveaux terrains de soccer, mais réclama que ceux-ci deviennent plus accessibles. Il cita aussi le problème de l'accès à des locaux pour tenir des activités alors que des organismes doivent souvent débourser des milliers de dollars pour en utiliser.

Sur le logement social

Will Prosper débuta ce débat en liant le fait de bien se loger et le fait d'être en santé. Soulignant que Montréal-Nord est populé aux trois quarts de locataires, il rappela que le logement, tant social que dans son ensemble, figure dans les cinq grandes priorités de son parti. Rita de Santis endossa à son tour le besoin en logement sociaux, mais insista sur le fait qu'il ne fallait pas créer de ghettos, ce à quoi M. Prosper réagissa, se disant outré du choix du mot « ghetto ». Mme de Santis se reprit, réclamant que les nouveaux logements sociaux soient bien répartis au sein de l'arrondissement. Marianne Dessureault parla du taux d'inoccupation préoccupant et attaqua Louis Pelletier en notant l'absence du logement social dans la plate-forme caquiste. Elle ajouta que les logements abordables privés devaient aussi faire partie de la solution. Nancy Lavallée s'exprima à contre-courant en refusant l'idée d'investir massivement dans la construction de logements sociaux, préférant s'attaquer à la pauvreté pour éliminer le besoin de ces logements. M. Prosper s'empressa de lui répliquer qu'on n'occupe pas un logement social toute sa vie et que ces logements sont justement un tremplin pour sortir de la pauvreté.

Sur le décrochage et la scolarité de Montréal-Nord

Alors que l'animatrice orienta le débat vers le problème du décrochage scolaire, Rita de Santis s'élança sans hésiter dans une défense de la hausse des droits de scolarité, se comparant aux endroits où ça coûte plus cher. Elle se pointa en exemple, parlant de sa démarche universitaire alors que ses parents sont arrivés au Canada peu scolarisés à une époque où les droits de scolarité représentaient un fardeau beaucoup plus élevés, pour tenter de démontrer qu'ils ne sont pas un frein à l'accessibilité. Will Prosper dût lui rappeler que si elle, individuellement, avait réussi, la tendance socio-économique de l'ensemble de la population démontre qu'elle est un exemple isolé.

Mme de Santis affirma vouloir mettre l'emphase sur l'aide aux devoirs. Marianne Dessureault parla du manque d'intervenants spécialisés dans les écoles, ce qui lui valût de se faire rappeler par Mme de Santis que c'est Pauline Marois qui les a retiré. La candidate libérale se retrouva sur la défensive lorsque Will Prosper rappela qu'elle était membre du conseil d'administration de l'université Concordia lorsque celle-ci se prit une amende de deux millions de dollars pour avoir donné des primes de départ trop généreuses à ses dirigeants, ce à quoi Mme de Santis ne répliqua pas. Enfin, Nancy Lavallée se démarqua en parlant du besoin en écoles alternatives pour aider les jeunes qui ne réussissent pas dans le modèle scolaire traditionnel.

L'éternelle confrontation entre l'économie et l'environnement

Quelle est la vision de chaque parti sur l'exploitation gazière et pétrolière, le développement minier du nord et le déchirement emploi/environnement qui se rattache à ce débat, demanda l'animatrice. Marianne Dessureault mentionna le besoin d'un nouveau régime de redevances, ce à quoi Nancy Lavallée lui opposa la nationalisation complète des ressources naturelles. Louis Pelletier réclama l'intervention de la Caisse de dépôt et placement du Québec dans ce secteur économique afin de nous en rendre actionnaire collectivement. Rita de Santis rejeta cette idée, plaidant pour une indépendance totale de la Caisse du gouvernement. Will Prosper lui répliqua que ce sont les Libéraux qui ont modifié le mandat de la Caisse pour que celle-ci vise le rendement par tous les moyens, avec les conséquences que cette vision a entrainé dans l'histoire des papiers commerciaux.

Au tour du public de parler

La soirée s'est conclue sur une période de questions parfois douteuses, avant laquelle Louis Pelletier a déploré l'absence des ainé(e)s parmi les sujets du débat. Le public a questionné les candidats et candidates notamment sur l'idée d'une plage, sur la cruauté envers les animaux et sur le partage de la richesse.

Cette dernière question a soulevé davantage de réponses. Rita de Santis a plaidé pour que les plus démuni(e)s doivent tout de même participer un peu à leurs besoins et a demandé pourquoi il fallait toujours qu'on parle de puiser chez les plus riches pour aider les plus pauvres. Will Prosper lui dit remarquer que sa vision venait d'Outremont alors qu'elle se présente à Montréal-Nord, visiblement satisfait de voir la candidate libérale s'échapper sur sa vision de la fiscalité des plus riches.

Débat électoral ce mercredi dans Bourassa-SauvéCinq candidat(e)s sur six croiseront le fer à l'école Henri-Bourassa

Publié le 27 août 2012 sous Archives du Presse-Gertrude, Montréal-Nord
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Ce mercredi, à l'école secondaire Henri-Bourassa, aura lieu un débat électoral durant lequel s'affronteront cinq candidats et candidates de la circonscription de Bourassa-Sauvé.
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Économie, intégration, solidarité: Will Prosper débat chez Fasken Martineau

Publié le 24 août 2012 sous Archives du Presse-Gertrude, Montréal-Nord
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Le cabinet juridique Fasken Martineau était l'hôte hier soir d'un débat électoral à la sauce économique. À la table des participants et participantes se trouvaient Will Prosper pour Québec solidaire (Bourassa-Sauvé), Nicole Léger pour le Parti Québécois (Pointe-aux-Trembles), Dominique Anglade pour la Coalition Avenir Québec (Fabre) et Pierre Arcand pour le Parti Libéral du Québec (Mont-Royal). Option Nationale n'y était pas représenté.

Photo: Pierre-Luc Daoust

Will Prosper, Nicole Léger, Dominique Anglade et Pierre Arcand débattent chez Fasken Martineau.

Le débat étant organisé par la Jeune Chambre de commerce haïtienne, le Réseau des entrepreneurs et professionnels africains, la Chambre de commerce latino-américaine du Québec et l'Association des jeunes professionnels chinois, on ne s'étonnait pas de voir qu'une partie non-négligeable de la soirée fut consacrée à l'intégration des immigrants et immigrantes et à la solidarité internationale. L'animateur de la soirée était François Bugingo, journaliste et chroniqueur pour différents médias de masse.

La relance économique

Le débat s'est ouvert sur le thème de la crise économique et de la vision de chacun des partis sur la création d'emplois. Les ressources naturelles se sont invitées naturellement (sans mauvais jeu de mot) dans la discussion. Ainsi, M. Arcand a bien sûr mentionné le Plan Nord avant d'attaquer, lors d'un face à face, les promesses totalisant selon lui 5 milliards de dollars par la CAQ et d'affirmer de façon très creuse qu'il faut vivre selon nos moyens. Mme Anglade lui a répliqué que le tiers de la dette publique aurait été ajoutée durant les neuf ans de règne libéral. M. Prosper a dù défendre la capacité d'un gouvernement solidaire à financer sa plate-forme tout en essuyant quelques préjugés à la sauce Radio X, comme une volonté de son parti à abolir le capitalisme, qui n'ont pas trouvé echo dans la salle. Il a ensuite insisté sur les limites de notre planète pour expliquer l'importance d'une décroissance économique.

L'animateur a ensuite fait dévier la discussion vers la création d'emplois pour la diminution du taux de chômage. M. Arcand a parlé des marchés internationaux et du statut d'exportateur du Québec, pour ensuite louanger les hausses du salaire minimum survenues sous la gouvernance de son parti. Il s'est toutefois vite fait ramener les pieds sur terre par Will Prosper, qui lui a reproché que le salaire minimum soit encore loin du seuil de la pauvreté. Nicole Léger, de son côté, a parlé des nombreuses pertes d'emplois que l'est de Montréal a subi dans les dernières années, citant notamment les fermetures de la raffinerie Shell et de la manufacture du fabricant de chariots Cari-All. Elle a présenté ces exemples comme des preuves qu'il fallait agir avant les fermetures et ne pas baser sa stratégie sur le reclassement des travailleurs et travailleuses.

Photo: Pierre-Luc Daoust

Will Prosper défend les positions de son parti devant un public en grosse partie issu des communautés culturelles.

Parlant de la métropole, une des grandes oubliées de la présente campagne électorale, Will Prosper a insisté sur la diversité des origines au sein de la population montréalaise comme levier de développement économique. Il a jugé prioritaire cet objectif alors qu'il le mettait en compétition avec la création et l'application d'une charte de la laïcité. Pierre Arcand, en tentant de lui répliquer, s'est ensuite ridiculisé en prétendant que Québec solidaire comptait abolir les centres commerciaux, ce qu'a catégoriquement nié le candidat solidaire dans Bourassa-Sauvé. Sa tentative de démonisation de Québec solidaire entraina quelques regards mal à l'aise au sein du public devant les propos peu réfléchis du ministre. De son côté, Dominique Anglade a demandé à Nicole Léger pourquoi le PQ voulait appliquer la loi 101 aux entreprises de moins de 50 employé(e)s plutôt que de mettre de l'énergie sur l'aide directe aux entreprises, ce à quoi la candidate péquiste a répliqué que l'un n'excluait pas l'autre, que la relance économique pouvait très bien se faire en français.

La contribution des communautés culturelles

C'est Will Prosper qui put ouvrir la discussion sur l'intégration des communautés culturelles. Relevant que 11% de la population québécoise est issue des communautés culturelles, il déplora que celles-ci ne représentent que moins de 6% de la fonction publique. Il traita ensuite de la faible reconnaissance des diplômes obtenus à l'étranger, pointant du doigt entre autres les différents ordres professionnels qui, selon lui, ne font vraiment pas assez pour remédier à la situation. Selon M. Prosper, seulement 10,7% des personnes diplômées issues de l'immigration travaillent dans leur domaine d'études.

Pierre Arcand a présenté en guise de bilan l'entente survenue avec la France en octobre 2008, soit à la fin du mandat libéral précédent. Il a aussi affirmé que son gouvernement a fait des pressions sur le Collège des médecins et a amélioré la proportion d'origine étrangère dans la fonction publique. Il a finalement souligné, lors d'un face à face, qu'il fallait profiter de chaque nomination au sein des sociétés d'État pour améliorer la représentation des communautés et tendre vers la parité hommes/femmes.

Dominique Anglade, quant à elle, a dit vouloir miser sur l'entreprenariat et l'accompagnement, tout en voulant encourager les organismes qui oeuvrent sur le terrain. Elle a aussi mis l'emphase sur l'importance d'avoir des exemples de réussite à présenter aux jeunes issus de l'immigration afin de les encourager à prendre davantage leur place. Mme Anglade s'est toutefois retrouvée sur la défensive lorsque M. Prosper a mentionné l'intention de la CAQ de réduire de 10 000 individus l'accueil de nouveaux immigrants. M. Prosper a présenté ce genre de politique comme un signal voulant que le lien d'entraide soit uniquement du Québec vers les arrivants, alors qu'au contraire il va dans les deux sens.

Nicole Léger est restée très vague sur le sujet, se contentant de parler d'un document de Gérald Godin datant du tout premier mandat péquiste et des valeurs d'inclusions que partage, selon elle, le PQ. Ses propos sur le sujet durant le débat parlait davantage de parité que d'intégration. Alors que M. Prosper parlait de l'impact de la controversée déclaration de Jacques Parizeau le soir du second référendum sur la participation des communautés culturelles à la société, racontant l'anecdote de son père qui passa de fier péquiste à abstentionniste, Mme Léger lui reprocha de renoter une erreur vieille de presque vingt ans, lui demandant combien de temps encore le PQ aurait à s'en défendre. Elle souligna finalement le l'éventuelle charte de la laïcité sera discutée au sein des élu(e)s et de la population avant d'être rédigée et adoptée.

La solidarité internationale et l'exemple d'Haïti en 2010

Parlant de la solidarité exemplaire dont le Québec avait fait preuve suite au séisme en Haïti en janvier 2010, l'animateur François Bugingo demanda aux quatre personnes leur vision de la place du Québec sur la scène internationale.

Photo: Pierre-Luc Daoust

Dominique Anglade et Pierre Arcand

Dominique Anglade exposa une vision affairiste de la solidarité mondiale. Elle présenta la réponse québécoise envers Haïti comme étant le fruit de l'entreprenariat et souligna que ces interventions solidaires étaient autant d'opportunités pour nos investisseurs de tisser des liens d'affaires avec leurs homologues.

Nicole Léger mit l'emphase sur le besoin pour le Québec de se représenter lui-même, présentant en preuve le siège limité du Québec à l'UNESCO comme le mieux qu'il ait pu réussir à obtenir. Elle décriva la place du Québec comme devant être libre, compétitive et ouverte. Elle inclua finalement les valeurs d'entraide dans sa vision de la solidarité internationale, refusant que l'argent en soit le guide premier.

Will Prosper choisit quant à lui d'insister sur l'importance de se tenir debout face aux apparteids, mentionnant qu'un soutien à la Palestine, par exemple, n'était pas un affront envers le peuple israélien mais bien une dénonciation des gestes décidés par les seuls membres d'un gouvernement. M. Prosper réclama le rapatriement des compétences en matière d'immigration afin d'éviter que se répètent les refus de visa pour des équipes sportives, des musiciens venus participer à un spectacle-bénéfice ou encore la difficulté pour des enfants haïtiens en 2010 de trouver refuge au Canada. Il ajouta que les organismes non-gouvernemenaux devaient absolument faire usage des ressources locales lors de leurs interventions, stimulant ainsi l'économie du pays touché plutôt que de le garder dans une situation de pauvreté et de dépendance face à l'aide étrangère.

Enfin, Pierre Arcand insista sur la stature du Québec en tant qu'exportateur et sur son rôle dans le développement de la fonction publique haïtienne avant même le séisme. M. Arcand s'est toutefois retrouvé sur la défensive lorsque Mme Anglade lui a reproché la politique libérale sur l'exportation d'amiante. Provoquant une vague de protestations du public, M. Arcand a demandé qui le Québec pouvait prétendre être pour poser un jugement moral sur les importations des pays étrangers, se gardant d'en poser un sur le choix du Québec d'offrir le controversé matériau. Il ajouta à sa déclaration que les besoins en emploi dans les villes tournant autour de l'amiante primait sur toutes autres considérations.

Tout un contraste avec la tivi!

Mis à part les quelques attaques faibles d'esprit que dut essuyer Will Prosper, le débat fut nettement plus constructif que les débats des chefs télévisés. Les quatre concurrents et concurrentes n'avaient pas peur de reconnaître des bons aspects des plate-formes de leurs adversaires. Un débat haut en propos... et en altitude, lui qui avait lieu au 37e étage de la Tour de la Bourse, donc plus haut que le toit de la tour de la Banque Nationale.

Anecdote à part, pour conclure ce texte. Dominique Anglade est co-fondatrice d'une fondation nommée Kanpe, un mot créole signifiant... "debout", le slogan de Québec solidaire.