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Bourassa: le Bloc entre dans la danse

Publié le 24 octobre 2013 à 20:48
Publié dans: Actualité, Montréal-Nord
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Alors que les verts, les néo-démocrates et les libéraux sont en campagne depuis belle lurette pour tenter de succéder à Denis Coderre, le Bloc Québécois a présenté cette semaine son candidat, Daniel Duranleau. Le parti inaugurait d'ailleurs hier soir son local électoral.

Daniel Duranleau, candidat bloquiste dans Bourassa

Photo: Pierre-Luc Daoust

Daniel Duranleau, candidat bloquiste dans Bourassa.

C'est dans la chaleur du local surpeuplé du défunt restaurant La Petite Venise, près du parc St-Laurent, que se sont rassemblés membres et partisans du Bloc. En présence notamment du bloquiste ayant précédé Denis Coderre comme député de Bourassa, Osvaldo Nunez, et de députés actuels du parti, Daniel Duranleau fut introduit aux gens présents dans la salle. C'est un ancien travailleur du milieu communautaire, syndicaliste et, jusqu'en juin dernier, commissaire à la Commission scolaire de Montréal (CSDM), au sein de laquelle il a occupé successivement les postes de président et de vice-président, qui se présentera devant l'électorat nord-montréalais afin refaire basculer cette circonscription devenue un château fort libéral à tous les nivaux.

Daniel Paillé a précédé son candidat au micro. Sans surprise, son discours a surtout tiré sur les trois autres principaux partis et sur le gouvernement. Il a présenté son parti comme étant le seul capable de s'attaquer aux décisions du gouvernement conservateur, notamment les compressions à l'assurance-emploi et le recours judiciaire contre la loi québécoise 99 dictant le seuil de victoire d'un référendum à 50% + 1. Sur cette intervention conservatrice, M. Paillé a d'ailleurs souligné que si le chef néo-démocrate, Thomas Mulcair, appuyait la règle du 50% + 1, hors du Québec il prend le temps de préciser que la majorité absolue serait respectée si la question référendaire est approuvée par le gouvernement fédéral. M. Paillé a ensuite attaqué le candidat libéral, Emmanuel Dubourg, le qualifiant d'«un peu mêlé», s'appuyant notamment sur un vote de M. Dubourg contre la signature de la constitution canadienne par le Québec alors qu'il souhaite rejoindre le fils de Pierre Elliott Trudeau au parlement, ou encore sur ses votes en faveur de multiples motions dénonçant la Loi sur la clarté référendaire alors que l'ex-ministre responsable de l'unité canadienne Stéphane Dion. Le chef bloquiste a d'ailleurs profité du moment pour laisser entendre un certain regret de la population suite aux difficultés électorales des partis souverainistes. «Ceux qui ont déjà fait confiance à des fédéralistes à diverses élections viennent me dire par centaines, partout au Québec, "on s'ennuie du Bloc".»

Daniel Duranleau, quant à lui, a mis une bonne partie de ses mots au profit des idées souverainistes. Évoquant un Québec marginalisé à Ottawa, il a souligné que le monde politique fédéral s'est habitué à se passer du Québec. Pour se présenter, M. Duranleau a mis l'accent sur son militantisme, notamment au Bloc depuis 1997, et sur la pertinence de la politique. Il a toutefois présenté son nouveau terrain politique sous un jour plutôt sombre. «Faire de la politique, c'est encore plus noble et pertinent aujourd'hui dans ce monde désespérant et, il faut se le dire, particulièrement désespérant dans Montréal-Nord.» Il a aussi dressé un sombre constat devant la situation de la langue française, alors qu'il parlait de son attachement envers elle, en mentionnant que «dans des milieux comme Montréal, le combat n'est pas terminé, il est même plus difficile que jamais». M. Duranleau a proposé comme un atout son expérience de gestion acquise à la CSDM et a souligné plusieurs fois son parcours professionnel dans le milieu communautaire. Enfin, insistant sur la place qu'occupe le travail dans ses valeurs, il a clamé sa conviction en la capacité des élus à faire une différence et a affirmé souhaiter s'inscrire «dans cette lignée d'élus bloquistes travaillants et fiers qui ont fait avancer leur communauté».

Tout au long de son discours, M. Duranleau n'a toutefois pas énoncé d'engagements quant à Montréal-Nord.

Une élection partielle apportant une visibilité plus concentrée que lors d'une élection générale, le candidat du Bloc Québécois fera face à au moins deux candidatures vedettes, alors que le libéral Emmanuel Dubourg et la néo-démocrate Stéphane Moraille, d'origine haïtienne tous les deux, sont sur les rangs. L'ex-hockeyeur professionnel Georges Laraque, également haïtien, devait aussi être de la course pour le Parti vert du Canada mais s'est récemment retiré suite au dépôt d'accusations criminelles contre lui.

Rappelons que les électeurs et électrices de Bourassa trancheront sur la question le 25 novembre prochain.

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