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L’industrie du disque veut-elle vraiment se relever?

Publié le 10 octobre 2004 à 20:44
Publié dans: Zone P-L 2004-2009
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Avis: Vous lisez un texte qui fut publié sur l'ancienne Zone P-L il y a plusieurs années. À l'époque, j'avais «une opinion sur tout et un impact sur rien», comme dirait Marc Labrèche. En me relisant, je trouve moi-même que mes argumentaires et opinions pouvaient parfois être douteux. Ne vous sentez donc pas mal de partager cette perception, au besoin. ;-)

L'industrie du disque, regroupant les majors comme EMI, Universal Music, Sony-BMG et Warner Group Music, défendue entre autres par la Recording Industry Association of America (RIAA) et l'Association de l'industrie canadienne de l'enregistrement (AICE), mène actuellement une véritable campagne de peur auprès des internautes. En effet, la RIAA et d'autres organisations semblables à travers le monde attaquent en justice de façon régulière des utilisateurs de réseaux pair-à-pair (P2P) qui ont été pris à partager et télécharger illégalement un grand nombre de fichiers musicaux protégés par des droits d'auteur. L’AICE et la Société civile des producteurs phonographiques (SCPP), en France, ainsi que d'autres associations similaires, tentent de suivre les traces de la RIAA mais attendent toujours, dans leur pays respectif, un avis favorable de la Cour pour forcer les fournisseurs d'accès Internet (FAI) à révéler l'identité des présumés coupables. L'industrie espère ainsi permettre à son produit de voir ses ventes remonter, elle qui accuse le piratage des Mp3 d'être la cause première de la chute considérable des ventes de disques.

«La RIAA, l'association représentant les plus grandes maisons de disques américaines, s'est réjoui de constater que l'achalandage des réseaux d'échanges P2P a diminué depuis la première vague de poursuites. Elle récidive donc pour une troisième fois, en impliquant encore une fois des personnes inoffensives. En plus de ces 41 nouvelles personnes, on compte 90 autres internautes qui seraient en attente de procédure.» 1

«La Recording Industry Association of America (RIAA), qui estime que le piratage est l'une des principales raisons de la baisse du marché du disque compact depuis trois ans, a déclaré avoir engagé cinq procédures distinctes contre 531 utilisateurs de réseaux d'échange de fichiers, mais elle n'a pas révélé les noms de leurs fournisseurs d'accès à internet.» 2

«Nicolas Sarkozy, Renaud Donnedieu de Vabres et Patrick Devedjian ont réuni jeudi à Bercy une table ronde sur la «piraterie sur internet» pour «dégager rapidement des mesures pragmatiques» pour lutter contre ce problème, qui affecte en particulier l'industrie du disque, du cinéma, du jeu vidéo et du logiciel.» 3

«À partir des systèmes P2P, les utilisateurs se partagent tout à fait légalement des chansons au format Windows Media Audio protégés par un DRM nouveau, appelé Weed. Ces fichiers Weed permettent au consommateur de musique d'écouter une chanson téléchargée gratuitement jusqu'à trois fois. Lorsque cette limite est dépassée, le fichier Weed est bloqué en lecture, et ne peut être déverrouillé qu'après avoir acheté une licence pour la chanson en question, soit une valeur approximative de 1$. (...) Suite aux pressions exercées par (la RIAA), la compagnie israélienne détentrice du logiciel iMesh distribuera bientôt des fichiers Weed dans son réseau.» 4

L'industrie gâche ses propres efforts

Avant de commencer les prochains chapitres, je tiens à préciser ma position quant au piratage des Mp3, malgré que ce ne soit pas de ça dont je veux traîter. Je suis pour l'utilisation de réseaux P2P lorsque c'est pour découvrir de nouvelles chansons ou de nouveaux artistes. Cependant, j'ai comme mentalité que l'artiste a travaillé pour produire ce que l'on écoute, et qu'il doit gagner sa vie. Donc, si j'apprécie sa musique, je l'encourage, et je vais acheter son album en magasin ou ses chansons sur un site de téléchargement payant.

L'industrie musicale montre de gros efforts pour arriver à ses fins. Cependant, en lisant l'actualité du milieu, je me suis rapidement aperçu que les majors ratent de grosses occasions de promouvoir leur objectif. Ou quand ce ne sont pas les majors qui font des erreurs, ce sont leurs amis, à savoir entre autres les gros disquaires les services de ventes de chansons en ligne, qui font de faux pas. Accidentellement ou par exprès, c'est une question à laquelle il est difficile de répondre sans en débattre longuement.

Le corporatisme

Mon premier point porte sur le corporatisme exercé par certaines compagnies fabricantes de baladeurs Mp3 et certains vendeurs de chansons en ligne. Ces derniers ne font pas partie de l'industrie du disque en tant que telle, mais doivent se plier aux interventions des majors s'ils ne veulent pas se retrouver commercialement désavantagés. Et l'industrie n'intervient pas pour modérer ce corporastisme, qui est très néfaste à la sensibilisation populaire.

Il faut savoir que bien que certains formats de compression utilisés par ces vendeurs soient des standards, comme le Mp3, un système de protection baptisé Digital Rights Management (DRM) est implanté dans les chansons vendues en ligne. Ce système sert notament à faire en sorte que la chanson aie besoin d'une licence pour jouer. Cette license est téléchargée lorsqu'on écoute la chanson pour la première fois et est stockée sur l'ordinateur. La chanson trouvera ensuite la licence à chaque écoute. De cette façon, si on rend une chanson protégée disponible sur un réseau P2P, ceux qui téléchargeront la chanson sans l'acheter ne pourront l'écouter, car ils n'auront pas téléchargé la licence. Également, le DRM permet de restreindre le nombre de gravure sur CD par chanson.

Jusqu'ici, ça peut s'avérer chiant pour certaines personnes mais c'est encore correct. Le problème vient de la prochaine utilisation du DRM que je vais vous expliquer. Le DRM permet de restreindre une chanson à ne pas être écoutables sur n'importe quel baladeur Mp3. Des exemple pour vous aider à comprendre. Les services de vente de chansons en ligne appartiennent à de grosses compagnies, qui parfois fabriquent également des lecteurs Mp3. Je pense ici à iTunes, de Apple, et Connect, de Sony. Or, Apple ajuste le système DRM utilisé sur iTunes pour que seuls les baladeurs Mp3 de Apple, en l'occurrence les iPod, soient en mesure de lire les chansons, encodées ici au format AAC. De même, Sony donne aux chansons vendues sur Connect, compressées ici au format Atrac, technologie possédée par Sony, la possibilité de n'être lues que sur les baladeurs fabriqués par Sony. D'ailleurs, sur ces lecteurs, mis à part les chansons des services en ligne concernés, seuls des Mp3 sans DRM peuvent fonctionner sur ces lecteurs, donc toute chanson achetée ailleurs est incompatible. Real a développé une technologie permettant de rendre ses chansons compatibles avec tous les lecteurs, Apple et Sony compris, mais Apple réagit fermement devant cette initiative.

Ce corporatisme peut devenir encore plus dangereux. Qu'arriverait-il si un service en ligne, pratiquant ou non la technique précédemment démontrée, s'entendait avec une maison de disque pour avoir l'exclusivité sur tel ou tel artiste? Par exemple, imaginez que Real Network annonçait qu'il s'était entendu avec Warner Group Music et que le prochain album de Linkin Park ne serait disponible en téléchargement que sur Real Rhapsody. Bien entendu, il serait toujours disponible en magasin sous forme de disque, mais tous ceux qui favorisent l'achat en ligne seraient obligés de passer par Real Rhapsody, qui serait ainsi libre de gonfler un peu le prix. Maintenant, imaginez que ce soit Apple, au lieu que Real Network, qui annonce cette même décision. Donc, les chansons de l'album de Linkin Park ne seraient disponible que sur iTunes, mais en plus, ces chansons ne seraient transportables que sur un iPod. J'imagine déjà certains d'entre vous me répondre que c'est totalement absurde et irréaliste, que ce genre d'association n'arrivera jamais. En effet, ça n'existe pas encore, mais de là à dire jamais, en êtes-vous si sûr? N'oubliez pas que Sony est co-propriétaire d'un des majors du disque, soit Sony-BMG...

Pour conclure ce chapitre, je vais dire ce que beaucoup d'entre vous feriez face à ce genre de prise d'otage, et vous ne seriez vraiment pas les seuls. La majorité de la population ferait la même chose: S'en remettre au piratage sur les réseaux P2P. Hé voilà, de beaux efforts gâchés par les intérêts capitalistes d'hommes d'affaires du milieu.

Écoutez vos Mp3 partout... transportez-les... mais n'en téléchargez surtout pas!

Je parle de lecteurs Mp3, et ça me fait penser... L'industrie veut que les gens cessent de télécharger. Mais regardez tous ces produits alléchants qui ne font que tenter le diable qui se cache au fond de chacun de nous! Graveurs de disques de plus en plus rapides, disques vierges pouvant contenir de plus en plus de musique, lecteurs de disques Mp3, lecteurs Mp3 avec mémoire qui ne cesse d'augmenter, etc. Et le tout à des prix des plus abordables!

Pas de publicité sur les réseaux P2P

«L'industrie phonographique a “blacklisté

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